« Make it rain $$$ ! » : La Foire d’art et d’antiquités de Maastricht

Du 13 au 22 mars 2015 le TEFAF (The European Fine Art Fair), un des plus prestigieux salons d’art et d’antiquité du monde, s’est tenu dans une ville de 120 000 habitants, perdue dans la campagne hollandaise, la célèbre Maastricht, oui comme le traité de 1992 bravo !

Pour sa 26e édition, la TEFAF a sélectionné près de 30 000 objets et œuvres d’art pour près de 70 000 amateurs, collectionneurs et marchands d’art. Après avoir fait un saut sur son site internet, deux éléments nous interpellent. Le premier est le logo de la foire, un faucon basé sur une iconographie type Horus, un clin d’œil à la fois pour les acheteurs qataris qui adorent cet animal, mais aussi pour valoriser l’art islamique (et antique) qui a une cote très haute en ce moment. Le second, est ce rouge vermillon qui capte instantanément l’attention, un clin d’œil (pas subtil) aux acheteurs chinois ? Sûrement. Comparée aux autres foires internationales, celle de Maastricht n’est pas forcément réputée, comme le souligne bien les Echos, pour sa structure d’accueil qui tient plus d’un ensemble de hangars pour Antonov, que des palais parisiens et bruxellois qui offrent un cadre plus sophistiqué pour un événement de ce type. Néanmoins, le côté hangar possède un avantage important, il permet aux exposants d’avoir plus de place et d’accueillir plus de monde, deux ingrédients simples pour faire du business de qualité.

Dans ce repère d’experts et d’acheteurs venus des quatre coins de la planète, le marché de l’art explose et se porte toujours aussi bien. Ainsi, il ne faut pas s’étonner des prix affichés sur place : un paysage, jusque-là inconnu, de Guido Reni (début XVIIe) est à vendre pour près d’1,6 millions d’euros, une paire de toiles de Luca Giordano pour 1,7 millions etc. Il faudra attendre certainement la fin de la foire pour avoir les chiffres des ventes et de la fréquentation, mais déjà cette édition devrait être un véritable succès pour les galeries présentes. Imaginez que vous puissiez déambuler dans un musée des Beaux-arts gigantesque, et que vous puissiez repartir avec votre coup de cœur artistique ! C’est exactement ça la TEFAF. Encore faut-il en avoir les moyens, mais cela ne décourage pas les investisseurs, et surtout les conservateurs de musées, à venir du monde entier pour tenter de repartir avec une pièce prestigieuse. Parmi la sélection des pièces les plus attendues de cette édition, nous pouvons citer Un Lion de Jean-Honoré Fragonard, Paysage avec Antiques d’Hubert Robert, mais aussi des Vlaminck ou des Picasso, sans oublier du mobilier design, des statuettes antiques, ou encore les trésors de l’Islam qui côtoieront les artefacts religieux européens des XIIIe et XVe siècles. Gardons cependant à l’esprit que dans quelques années, ce sera lors de ce genre d’événements qu’arriveront les pièces vendues au marché noir, des musées irakiens et syriens, et que les acheteurs, et surtout les commissaires d’art devront faire preuve d’une vérification et d’une surveillance particulière des œuvres, afin d’éviter les mauvaises surprises…

Sources et Crédits photographiques : Les Echos/La Tribune de l’Art/TEFAF/Le Monde/Malletantiques.

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