Marché de l’art : le bilan de l’année 2015 (avec pleins de chiffres dedans)

On a sorti exprès nos Ti-82 et un tube de doliprane pour vous faire un condensé de cette année 2015. Alors installez-vous bien et préparez-vous à devenir un spécialiste du marché de l’art.

Commençons doucement : le 11 mai dernier à New York la vente « Looking Forward to the Past » rapporte à Christie’s plus de 630 millions d’euros en une seule soirée. C’est environ le chiffre d’affaires sur l’année 2015 des trois premières maisons de ventes à Paris. Certes le marché de l’art en France se porte bien, mais il est loin, mais alors très loin, d’atteindre les sommets américains et asiatiques en termes de flux financiers.

Sur le territoire national, la meilleure vente de l’année s’élève à 16,2 millions d’euros pour une Ferrari 335 S Spider de 1957 (pour les puristes) chez Artcurial. En deuxième position arrive un rouleau chinois Quianlong vendu par Christie’s à 5,8 millions d’euros, et en troisième place, vendue  chez Aguttes pour 4 millions d’euros, une toile de San Yu, un peintre franco-chinois. À 7 heures d’avion de l’autre côté de l’océan, le Nu couché de Modigliani a frôlé le cosmos avec ses 170,4 millions de dollars chez Christie’s. Vous avez saisi, on ne boxe pas dans la même catégorie. 

Même si la crise de 2008-2009, doublée de la période post-attentats (janvier 2015) a beaucoup touché le marché français, la place de la France sur l’échiquier reste tout de même honorable, et principalement grâce aux acheteurs étrangers. Ainsi Christie’s finit en tête, avec un bilan en nette progression par rapport à 2014 avec un C.A supérieur à 234 millions d’euros, soit une augmentation de presque 30% par rapport à l’année dernière. C’est le résultat d’une gestion tentaculaire des « grands clients » par la maison de vente, qui investit toujours plus pour convaincre un maximum d’acheteurs, et de vendeurs, d’investir chez eux. La véritable arme des maisons de vente, que ce soit les majors Sotheby’s et Christie’s, est d’avoir des antennes à travers le monde. Si un vendeur australien propose un masque africain Fang, celui-ci aura plus de chance de faire un score élevé à Paris plutôt qu’à Hong Kong…

Sotheby’s n’est pas en reste, avec en France un C.A de 210 millions d’euros sur 2015. La maison de vente peut se vanter d’avoir eu 27 enchères millionnaires et 7 ventes dépassant les 10 millions d’euros sur les 31 réalisées, et surtout 30% de nouveaux acheteurs. 

Pour Artcurial, cette troisième position est synonyme de stabilité. Avec 47 % de nouveaux acheteurs pour un bilan à 191 millions d’euros, l’équipe gérée par le légendaire François Tajan conforte ses objectifs, et se place en outsider pour le podium dans les années à venir. Pluridisciplinaire, la maison de vente française a su frapper sur tous les fronts de l’art, chouchoutant ses clients qui s’ouvrent de plus en plus à des gouts artistiques nouveaux. 

Drouot enfin ! La salle des ventes a su s’adapter et remonter (doucement) la pente. Nouveaux horaires, nocturnes, participation à des évènements culturels, diversité des ventes, explosion des ventes online, tout a été mis en oeuvre pour séduire un maximum de clients sur la place de Paris. Avec un produit de 375 millions d’euros et 8 enchères millionnaires, Drouot est redevenu un concurrent sérieux des autres maisons de vente. 

Le marché de l’art mondial et français se maintient donc, contre vents et tempêtes et rien ne semble pouvoir ralentir son irrésistible ascension. Jusqu’à quand ?

Crédits et sources photo : Drouot/Christie’s/Sotheby’s/Le Figaro/Le Monde/Artcurial/Financial Times/The Guardian/UZ 24.

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