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Le Musée d’Orsay met à l’honneur la nudité masculine du 24 septembre au 2 janvier.

Mis à part la célèbre exposition de Vienne l’an passé, le nu masculin est rarement mis en avant. Le Musée d’Orsay relève le défi et tente de retracer l’évolution de la représentation du corps masculin. Les oeuvres rassemblées couvrent la période 1800 à nos jours.   Ainsi le spectateur se voit offrir une vaste sélection de thématiques et d’oeuvres. Il est possible d’apprécier l’homme-héros de George Hoyningen-Huene, ou encore l’homme-sportif des artistes Pierre et Gilles. L’oeuvre de William Bouguereau nous permet de réfléchir à l’homme face à la mort, la toile de François-Xavier Fabre met en exergue quant à elle la nudité glorieuse. Le travail de Frédéric Bazille traite de l’étude du corps nu au sein d’une nature verdoyante. Bien sur, des sujets plus légers sont traités, tels que le désir et la tentation, toujours en se servant de la nudité.

L’exposition proposée par le Musée d’Orsay est conçue de façon plutôt étrange. Les salles où sont présentées les oeuvres sont grandes, spacieuses, chaque oeuvre possède un espace propre. Néanmoins, il n’y a aucune notice explicative quant à l’agencement des oeuvres. Pas de soucis de chronologie ou de style a priori. Ce qui prime ici est l’importance du regard de l’artiste sur le nu masculin. Le spectateur a depuis toujours, pour habitude, de contempler le corps féminin, d’un point de vue artistique. Ce qui est primordiale à travers cette exposition, c’est de se poser des questions importantes sur ce qu’implique la représentation de la nudité chez l’homme. Quelles sont les différences entre les modèles féminins et masculins ? Le nu masculin soulève les mêmes polémiques que le nu féminin ? Les corps d’hommes et les corps de femmes sont ils traités de la même manière ?

Le président du Musée d’Orsay, Guy Cogeval, souhaitait une exposition “choc”, une exposition qui soulignerai l’homoérotisme. Or, il semblerait que ce soit raté… Les oeuvres choisies ne mettent pas du tout en avant une quelconque idée d’homosexualité, elles ne choquent à vrai dire même pas. Que souhaitait alors réellement mettre en avant Orsay ? Les historiens de l’art n’auront visiblement pas de réponse immédiate.

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