Matthew Quick : Voyage au bout de l’humour

Ces images ont fait le tour du monde depuis l’Antiquité jusqu’à maintenant, elles imposaient la puissance, le pouvoir et la perfection de la Chine à Washington, de Rome à Moscou et pourtant, il aura suffi d’un coup de crayon pour écorner leur magnificence. Pourquoi en parler aujourd’hui ? Pour deux raisons : il y a quelques semaines, Matthew Quick a été élu dans le Top 50 des artistes australiens les plus influents, par le magazine Business Review Weekly (une sorte de Forbes local), qui est la suite logique d’une série de 16 prix artistiques (dont un littéraire) remportée par l’artiste en cinq ans. Un certain goût pour la réussite donc. La seconde raison est, pour le coup, encore plus actuelle : comment ne pas prendre du recul par rapport à l’actualité mondiale, aux nouvelles icônes politiques, religieuses et artistiques qui apparaissent quand on observe le travail de Matthew Quick ? Comment ne pas poursuivre mentalement son cheminement pictural avec ces figures qui apparaissent sans cesse sur nos fils d’actualités et dans les journaux ? On ne citera personne ici, on ne veut pas faire de jaloux.

Véritable caméléon, Matthew Quick a été photographe, vendeur, directeur artistique, designer et même, homme de ménage, avant de se consacrer pleinement à son activité favorite, la peinture. Il a collaboré avec des marques comme Playboy, Kodak ou encore les Hôtels Sheraton, pour se faire rapidement une solide réputation dans le milieu, et commencer à être sollicité en dehors de son Australie natale. Dans cette série intitulée « Monumental Nobodies », il explore avec une certaine fascination le monde des Grands, des Very Important Sculptures, et des personnalités à l’égo surdimensionné. Symboles d’une gloire éteinte, elles étaient l’incarnation d’une voie unique de réflexion, et sont maintenant tournées en ridicule par un jeune artiste et ses pinceaux. Ces visuels mythiques perdent alors instantanément leur pouvoir d’attraction, au profit d’une réflexion plus distante, plus légère, sur ce qu’elles représentent. Il est possible que Matthew Quick, dans son apprentissage, soit tombé sur des visuels de l’artiste post-moderne islandais Erro (dont la rétrospective s’est terminée le 22 février dernier à Lyon), qui n’hésitait pas à placer dans la même composition Donald, Mickey, Pluto et des dirigeants nazis et chiliens, dans un esprit d’accumulation d’images et de détails. Sans pression. Alors ici, c’est vrai, la provocation est moins frontale, mais elle va plus loin dans une contre-propagande intellectualisée. La réflexion se fait par un levier aussi connu qu’efficace : l’humour, qui est partout dans son travail. Ces visuels apportent une certaine touche de fraicheur qui n’est décidément pas désagréable !

Allez faire un saut sur son site pour observer le reste de son travail, qui est parfois plus léger, voir onirique.

Et faites la comparaison avec celui d’Erro sur le site de la Galerie Louis Carré !

Crédits photographiques : Matthew Quick / Q&A Agency.

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