Matthew Smith : vos photos de la mer, mais en mieux

GoPro, fish-eye, appareil photo étanche, perche de touristes : vos photographies de cet été vous permettront surement de passer pour un aventurier redoutable, qui a parcouru les sept mers du globe, d’Ostende à Bormes-les-Mimosas, ce qui est presque le cas de notre artiste du jour. Matthew Smith plusieurs fois lauréat de photographies sous-marines (Ocean Geographic, Nature Photographer of the Year, BBC Wildlife Photographer of the Year etc.), nous embarque entre deux mondes, celui du ciel et celui de la mer à travers des clichés, encore une fois, révélateurs de la beauté qui peuple encore nos océans.

Adoubé par Michael Aw, le fondateur d’Ocean Geographic Magazine (énorme référence dans le milieu), Matty Smith a dévoilé au compte-goutte, depuis fin avril 2015, une série intitulée Over-Under, une ode à l’étrange beauté qui règne à quelques centimètres de la surface de l’eau. Loin des photographies de grands fonds, et de ses espèces flippantes, Smith saisit cette mince bordure, avec une faune et une flore qui, la plupart du temps, nous sont parfaitement inconnues. Son approche de la beauté par la proximité, fait de ce reportage photographique une présentation simple et terriblement efficace. Sur le littoral de presque tous les continents, Matthew Smith travaille de la même manière : une combinaison de plongée, son Nikon étanche, et un arrêt à une dizaine de brasses du rivage, là où le fond est encore bien visible. Au-delà du simple aspect du reportage de photojournalisme pur, une étrange sensation se dégage de la plupart de ses clichés : celle de découvrir un monde nouveau. Ici tout est exacerbé, de la couleur des anémones aux tentacules des méduses, et jamais le spectateur n’a imaginé que ces animaux et ces végétaux pouvaient prendre des formes aussi variées. Avec son objectif en fish-eye, Matthew Smith nous renvoie à notre propre moyen de vision, l’œil. Il casse ainsi la distance entre le spectateur et le support en deux dimensions en instaurant une légère, mais perceptible, profondeur dans son travail. En une seconde, le spectateur retourne en enfance, devant les larges vitres d’un aquarium digne de ce nom, le nez collé devant une méduse phosphorescente qui évolue langoureusement sous ses yeux.

Scènes insolites de la vie sous-marine, cependant, les images du photographe ne peuvent pas se détacher des discours de sensibilisation et de protection de ces espèces. Pourtant, grâce à cette manière de présenter son travail, la pédagogie s’en trouve renforcée, sous l’influence de l’apparente proximité que peut avoir le spectateur avec l’image. « Over-Under » est une série apaisante qui laisse l’esprit s’évader et, contempler un monde qui reste encore largement inconnu.

Prenez votre dose de voyages et de clichés hors-normes sur le site de Matthew Smith.

Pour les expatriés en Australie et les autres qui seront dans le coin, il expose à l’Australian Museum à partir du 2 juillet 2015.

Sources et crédits photographiques : Nikon/MattySmith/AustralianMuseum/AsianGeographicMagazine.

Les commentaires sont fermés.