Matthieu Boucherit

Matthieu Boucherit est un jeune artiste diplômé en communication visuelle, et d’un Master d’arts plastiques.
Cet artiste joue avec ce qu’il nous est donné de voir, et manipule la vision du spectateur face à ses œuvres. Lorsque l’on se retrouve face à son travail, on est obligé de se mouvoir pour trouver à quel endroit on se sentira le plus à même de cerner, et d’apprécier son œuvre.
Son travail est principalement axé sur la peinture dans un premier temps, mais petit à petit, il va se tourner vers des médiums comme la photographie.

La série sur laquelle nous allons nous pencher est Happy Hands et Théâtres. Matthieu Boucherit utilise des images trouvées sur la toile et les détourne complètement. On voit des images capturées lors de pièces de théâtres ou durant des concerts. Les photos sont, à la base, prises dans le but de documenter un événement. Elles sont le travail du journaliste. Or, ici, les peintures détournent subitement le but premier. On ne sait pas de quel événement il s’agit. Nous avons seulement accès à des morceaux. On voit des bras se tendre ici et là, des personnages aux expressions saisissantes. Le tout plongé dans le noir le plus complet. Comme si ces instants tombaient petit à petit dans le néant, et qu’il fallait vite les regarder, en saisissant tous les détails avant qu’il ne soit trop tard, comme pour se rappeler de ce qu’il vient de se passer.

Ces bras qui poussent vers le ciel sont, à la base, le symbole de l’acclamation. Ces personnages étaient face à une scène, et montraient, en tendant leurs bras, toute leur admiration à la personne leur faisant face. Ici, il n’en est rien. Ces bras, qui jaillissent de la nuit, semblent vouloir rattraper quelque chose qu’on est en train de leur enlever. Comme si c’était la dernière chose qu’ils pourraient faire avant d’être précipités on ne sait où.
L’artiste joue habilement avec nos sens et nos impressions. Il détourne à sa guise les images de départ pour nous faire regarder autrement, et changer nos perspectives.
Nous ne sommes plus face à quelque chose que nous maitrisons, et nous sommes alors forcés de nous comporter autrement, pour comprendre ce qu’il se passe devant nous.
Les titres des œuvres sont les codes sources html des photos originales. Il nous est possible, dans un second temps, de revenir au commencement en quelque sorte, et de voir le chemin parcouru de la photo à la toile.

Les autres séries de Matthieu Boucherit sont dans la lignée de celle-ci. Les images sont détournées, leur lecture n’est jamais claire. L’artiste utilise de nombreuses techniques, toutes plus maitrisées les unes que les autres, qui servent à chaque fois parfaitement son propos.
Que doit-on ressentir ? Que doit-on voir ? Comment doit-on regarder ? Autant de questions que l’on est obligé de se poser en regardant le travail de Matthieu Boucherit. Un artiste que je vous invite donc à découvrir.

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