Mayas : révélation d’un temps sans fin

Après l’exposition Tiki Pop, je ne savais pas à quoi m’attendre et je n’avais pas très envie de gaspiller ma soirée, mais ma curiosité ne me le permit pas et je me suis donc retrouvée au Quai Branly pour découvrir leur nouvelle exposition sur la culture maya. Mon étonnement fut grand et bientôt mon scepticisme se dissipa lorsque je parcourais les salles et découvrais les pièces.

Ce qui frappa mon esprit en premier ce fût le soin avec lequel les pièces étaient montrées. Tout dans les salles est fait pour renforcer le caractère singulier de chaque objet, de l’art des mayas, de leurs croyances et de leurs mœurs. L’exposition a pour but de nous faire découvrir une des plus grandes civilisation du continent américain. Civilisation qui, à l’opposé des grands empires comme celui des Aztèques au centre du Mexique ou des Incas au Pérou, ne s’unifia jamais. Ce fut d’ailleurs l’origine de nombreux conflits entre les élites des grandes villes. Mais, malgré les discordances politiques, le monde maya partageait une même religion, une même écriture complexe, un système de notation très précis où le zéro y figure et un calendrier très exact qui donne de quoi parler encore de nos jours. Leur amour pour les sciences forgea un des trait le plus remarquable du peuple.

Tout débute dans une salle consacrée à la géographie et la chronologie de la civilisation pour mieux les situer dans le temps et l’espace. Les mayas se sont développés au cœur de l’Amérique latine, au sud du Mexique, c’est-à- dire au Yucatán, Campeche, Chiapas, Tabasco ; au Guatemala et au Belize pendant près de trois mille ans, de 2000 av. J.-C. jusqu’à 1546 à peu près.

L’importance géographique pour le déploiement des mayas est comprise lorsque l’on voit la place de la nature au sein de leur culture. L’exposition montre des pièces en terre cuite, en or, matériaux qui ont des formes animales : des grenouilles, des jaguars, des serpents ; elles sont des fidèles témoins de l’importance qu’ils accordaient à chaque être vivant et leur respect de l’ordre cosmique. Comme chez les aztèques, les mayas avaient des divinités qui représentaient des éléments naturels tels que le vent, l’eau, la terre. Ces divinités régissaient le monde de l’au-delà et celui des hommes d’une manière « imparfaite », les divinités étant enclines à l’erreur, tout comme dans le monde grec. L’aspect religieux imprègne la culture maya, il est omniprésent et régit tout, même l’architecture des villes, qui furent conçues à « l’image du cosmos ». Pour les mayas, la mer, le ciel, les montagnes, les jungles faisaient partie de la sacralité de l’ordre cosmique et c’est pour cela qu’ils les reproduisaient lorsqu’ils construisaient leurs pyramides et centres de commerce, pour rester en totale harmonie.

Autre point abordé par l’exposition est celui de la vie quotidienne du peuple, son activité commerciale ainsi que l’insertion des rites dans le quotidien et la généalogie des familles qui ont détendu le pouvoir. L’importance du cacao comme monnaie et aliment des élites est expliquée tout comme la place du maïs dans la vie et les rituels de la civilisation méso-américaine à travers des objets spécifiques pour traiter les deux produits. En ce qui concerne les familles au pouvoir on peut remarquer dans la dernière salle un masque mortuaire du célèbre Pakal, seigneur de Palenque dont la notoriété dérive de la prospérité et de l’acuité avec laquelle il régna. Son pouvoir fut sans mesure ce qui peut se confirmer si l’on observe sa tombe et les objets qui l’accompagnent, tous d’une grande richesse.

Finalement, c’est une exposition assez accessible et intéressante pour tout ceux qui sont en quête de nouveau et qui veulent fuir quelques heures, le vieux continent. Chaque objet est indispensable à voir et nous aide à mieux comprendre ce monde qui semble si lointain et qui néanmoins continue d’exister encore (les mayas, surtout leur langue continue d’être parlée au sud du Mexique), chaque objet est précieux et émerveille par ses couleurs et sa finesse. C’est une exposition à découvrir patiemment, il faut prendre quelques heures pour la parcourir et apprécier la richesse du contenu. Le seul reproche que je puisse faire est le manque d’images des lieux paradisiaques que l’exposition nous décrit, c’est peut-être un choix pour éveiller la curiosité et l’imagination du spectateur, mais il reste important de voir la plage de Tulum, le site d’Ek’ Balam, les cenotes etc… pour apprivoiser la magnificence de la culture maya.

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