Mommy – Xavien Dolan

Poignant. Poétique. Bouleversant. Voici les trois mots qui qualifient le mieux Mommy, le nouveau film phare de Xavier Dolan actuellement en salle. Le réalisateur canadien de seulement vingt-cinq ans livre cette année son cinquième long métrage, pour la plus grande joie d’un public depuis longtemps conquis. Sélectionné pour la compétition officielle du Festival de Cannes 2014, le film a remporté le Prix du Jury ex-aequo avec celui de Jean-Luc Godard, autant dire aux côtés d’une légende. Lors de sa projection à Cannes, il a été ovationné par le public pendant plus de douze minutes à la fin de la projection, et il risque bien d’en être de même dans les salles de projection françaises dans les jours à venir. Tous les ingrédients semblent y être réunis pour en faire un chef-d’œuvre. 

Un format étonnant d’abord. Tourné en format d’image carré, l’étroitesse de l’objectif semble saisir l’essence même des émotions multiples qui sont évoquées dans le long métrage. À travers ce biais, le spectateur a vraiment l’impression de pénétrer dans l’histoire et d’en faire partie au même titre que l’un des personnages. Le champ rétréci permet de focaliser l’attention davantage sur les personnages que sur les détails environnants.

Le factuel est de cette manière écarté pour ne conserver que la pureté de l’émotion qui se déroule devant les yeux du spectateur.

Une bande son hypnotisante ensuite. Xavier Dolan relève le défi d’allier dans un même film Céline Dion, Oasis et Lana del Rey. Ces choix éclectiques peuvent sembler décalés pour qui n’est pas encore allé voir le film. Pourtant, étonnamment, les musiques s’enchaînent les unes après les autres sans accrocs et une certaine poésie se fait même ressentir à l’idée que le film, loin d’être dénaturé par les choix musicaux du réalisateur, s’en trouve renforcé. Chaque moment fort de l’histoire est ainsi associé à une mélodie bien connue, de telle sorte qu’il s’ancre solidement dans la mémoire.

Un pitch émouvant enfin. C’est l’histoire d’une mère désemparée devant son fils atteint de troubles du comportement, mais décidée malgré tout à l’aider et à l’éduquer, pour le meilleur et pour le pire. Les dialogues hachés et parsemés d’un vocabulaire souvent grossier cache une tendresse infinie entre ses deux personnages blessés par la vie. L’intrusion d’une voisine au passé trouble rajoute à la délicatesse du scénario qui mêle les tragédies individuelles sans jamais tomber dans le cliché.

Mommy, c’est surtout le récit de la relation compliquée d’une mère et de son fils à un moment de leur vie où rien ne semble pouvoir s’arranger. C’est la capacité des acteurs à insuffler de la vie et de l’authenticité à leurs personnages qui permet au film d’acquérir toute sa profondeur. Enfer ou rédemption pour Steve l’ado tourmenté ? Il faudra aller voir le film pour avoir la réponse. Sélectionné pour représenter le Canada dans le cadre de l’Oscar du meilleur film en langue étrangère lors de la 87ème cérémonie des Oscars en 2015, Mommy n’a pas fini de faire parler de lui.

Pour voir la bande-annonce du film :

Crédit : site envedette.ca

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