Mr Mercedes – Stephen King (2015)

Stephen King, c’est du lourd ! Il s’est essayé à beaucoup de genres et si l’on sait que l’horreur est son domaine de prédilection, n’oublions pas qu’il a aussi écrit de la science-fiction et des polars. [et du fantastique] : le tout sous la forme de romans ou de nouvelles.

Je vous invite, si vous ne connaissez son monde que sur écran (La ligne Verte, Les Évades, The Shining, etc.), à le lire en commençant par le roman d’aujourd’hui.
L’histoire commence avec du sang. Un groupe de chômeurs attend l’ouverture d’un salon de l’emploi quand une Mercedes grise le percute de plein fouet, ôtant la vie à huit personnes. Le coupable s’enfuit et s’évanouit dans la nature sans s’inquiéter. L’inspecteur en charge de l’enquête, Bill Hodges, est aujourd’hui à la retraite. Il passe ses journées devant la télé en lorgnant chaque jour un peu plus son arme posée toujours près de lui. Un jour, sa routine est brutalement interrompue par l’arrivée d’une lettre signée de la main d’un certain M.Mercedes qui lui enjoint à demi-mot de mettre fin à ses jours.
Le livre est construit de telle sorte que l’on puisse suivre conjointement les histoires de l’ex inspecteur et de M. Mercedes, un pauvre type complètement fou qui hait le monde entier. Pas de fantastique ici, simplement les affres de la folie.

Le talent du King pour la narration nous entraîne tout de suite dans l’histoire. Les 550 pages sont expédiées en quelques heures. L’histoire est très bien menée, sans longueurs, et assez riche pour abriter des personnages attachants… et un autre un peu plus repoussant.

Sans être aussi marquant que Ça, Mr Mercedes est une réussite. Le rythme est à la fois assez lent pour créer une ambiance tendue et assez rapide pour nous tenir captivés. L’histoire est crédible grâce au très bon développement des personnages de l’ex flic et de M.Mercedes.
Le livre est rempli de références à l’actualité et ancre l’histoire dans notre univers. Le King s’accorde même le droit de faire référence à sa propre bibliographie en mentionnant un certain Grippe Sous (le clown de Ça). Et, maintenant que j’y pense, est-ce que l’histoire d’une voiture meurtrière ne vous paraît pas vaguement familière ?

Je me demande comment un auteur aussi prolifique (il dit quand même écrire au moins 1000 mots par jour) peut rester aussi bon. Le livre n’est terrifiant que si l’on prend en compte le fait l’auteur a été inspiré uniquement du genre humain. Le coupable est un homme, un type banal comme vous en avez croisé vingt aujourd’hui, hier, ou en croiserez demain.
Bref, à lire, c’est que du plaisir.

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