Nos 3 plus belles Adorations des Bergers

Décembre est arrivé et avec lui, les festivités qui commémorent la naissance du messie, Jésus. L’équipe d’Artctualité a fait pour vous une sélection des 3 plus belles Adorations des bergers au musée du Louvre, pour rester festif, sans laisser l’art de côté. Mais avant, une petite explication s’impose, pour évoquer ce que représente cet épisode biblique.

Tout d’abord, il ne faut pas confondre l’adoration des bergers avec l’adoration des mages : la première fait aussi partie du nouveau testament, et se déroule lors de la naissance de l’Enfant Jésus. Elle a comme protagonistes des bergers qui, après la visite des anges, se sont rendus à l’étable où Jésus est né. L’iconographie de l’adoration des bergers montre la plupart du temps trois personnages, trois hommes, qui regardent l’enfant et qui présentent leur respect. Ils sont entourés d’anges et ne portent pas des cadeaux, comme c’est le cas pour les trois mages. D’ailleurs, une toile de Domenico Ghirlandaio intitulée « L’adoration des bergers et la proche Adoration des mages avec son cortège en marche », montre, au premier plan, trois bergers qui s’inclinent devant Jésus, alors qu’à l’arrière plan, du côté gauche les rois mages arrivent avec leur cortège. Les deux sujets sont bien différenciés dans la peinture.

Adoration Romano La première toile choisie a été peinte de la main du maître maniériste, Giulio Romano, entre 1532 et 1534 à la demande du duc de Gonzague. Le premier plan est très bien illuminé et l’on voit la Vierge, Joseph, l’enfant qui nous regarde, Saint Longin (celui qui tient la lance) et Saint Jean l’évangéliste tenant un calice. Trois personnages, qui pourraient être les rois mages regardent avec curiosité l’enfant. L’un d’eux, celui du côté gauche s’apparente beaucoup au roi mage de la toile de Bruegel l’ancien « L’adoration des mages », qui se trouve à la National Gallery de Londres. À l’arrière plan les bergers sont avertis de la naissance du Christ par un ange.
Cette toile reste intéressante puisque le motif, les bergers, se trouvent à l’arrière plan, entourés par un paysage onirique. Les couleurs utilisées par Romano sont très vives, les drapés et la présence de la nature laissent voir l’influence des maîtres flamands. Le corps viril de Saint Longin montre l’influence de Michel-Ange, de l’héritage italien. Ainsi, cette toile représente le parfait mariage entre la peinture flamande et la maniera italienne.

Adoration Jordaens Notre deuxième choix c’est une adoration peinte par Jacob Jordaens, de la fin des années 1640 au début des années 1650. C’est un motif qui a été représenté par l’artiste à plusieurs reprises dans sa vie, d’après la notice du Louvre, au moins 15 toiles lui sont attribuées portant sur ce sujet. À l’opposé de la toile peinte par Romano, celle de Jordaens est une scène close, elle a un cadrage beaucoup plus serré. La Vierge allaite le nouveau né, l’attention de tous les personnages se tourne vers eux. La composition de la toile fait qu’ils sont au juste milieu, un poteau à l’arrière confirme cette division, créant ainsi une harmonie parfaite entre les deux parties de l’œuvre. La Vierge et l’Enfant illuminent le reste du tableau confirmant encore l’importance de ce duo dans le travail de Jordaens.
Le sein découvert de la Vierge, et la couleur quasiment rose de la peau du bébé, rappellent le travail de Rubens ; ce qui est naturel puisque Jordaens, après la mort du grand peintre flamand, lui succéda. Cette scène est dans la même lignée stylistique que ses peintures de genre, c’est un travail notable qui véhicule le sentiment religieux et l’intimisme incontestablement.

Adoration-R La troisième Adoration des bergers a été réalisée par Jose de Ribera en 1650, peintre espagnol qui, très jeune, s’installa en Italie. Il fait partie des peintres ténébristes influencés par le noir du Caravage. Sa peinture du début de carrière est très sombre et la lumière, à la différence de celle du Caravage, est très peu nuancée, et rend ses toiles mystérieuses et parfois dérangeantes.
Son adoration des bergers est une œuvre de maturité, dans laquelle le noir occupe entièrement la toile. Une lumière émanant du petit Jésus illumine la scène, les personnages sont humains et leurs physionomies, surtout leurs figures, sont pleines de force, caractéristique des maîtres espagnols. Mais ce qui change par rapport aux autres toiles de l’artiste, c’est l’emploi du bleu dans le voile de la Vierge. Cette intensité de couleur surpasse le coloris du Titien, et fait penser à la Vierge Marie de Sassoferrato peinte entre 1640 et 1650. La peau de la Vierge et de l’Enfant est diaphane, on pourrait la comparer au marbre des sculptures classiques et à la Pietà de Michel-Ange, traitement qui contraste encore une fois avec le traitement des corps propre à Ribera : le sentiment religieux est latent dans la scène, la beauté de la Vierge et de l’Enfant, vient confirmer la pureté et le côté spirituel du sujet.

L’équipe d’Artctualité vous souhaite de très Joyeuses Fêtes. Nous espérons qu’avec cette petite sélection de toiles à sujet religieux vous détesterez moins Noël. L’art est partout

Crédits photo

1 : © Musée du Louvre/A. Dequier – M. Bard

2 : © Musée du Louvre/A. Dequier – M. Bard

3 : © 1999 RMN / Franck Raux

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