NYCHOS : Rest in Pieces

Après son passage retentissant, lors de l’édition 2014 de l’Art Basel de Miami, le grapheur NYCHOS revient cette semaine avec deux nouvelles qui vont ravir les amateurs de Street-art. La première étant la sortie d’un documentaire autour de son travail à travers le monde, intitulé The Deepest Depths of the Burrow, dévoilant ainsi les œuvres de l’artiste à Berlin, Hawaï, San Francisco, Stockholm etc. La deuxième nouvelle, quant à elle, n’est pas moins impressionnante : en effet il s’agit de sa dernière création dans sa ville natale de Vienne, autour d’un ours polaire géant sur la façade d’un immeuble. Retour sur le phénomène autrichien qui connait mieux les animaux que votre vétérinaire.

Depuis dix ans, NYCHOS et son équipe du REM (Rabbit Eye Movement), investissent les galeries d’art et les façades des plus grandes villes du monde, pour exprimer leur passion de la fresque. Entre le cartoon et les dessins anatomiques, NYCHOS puise autant dans un univers scientifique que dans ses souvenirs de jeunesse, du temps où il regardait le matin, des dessins animés ultra violents, et l’après-midi, son père et son grand-père découper un cerf ou un chevreuil (les deux étaient des chasseurs, pas des psychopathes). Après un accident de voiture et des mois de cauchemars, il prend conscience que le dessin le rassure et l’aide à exorciser ses peurs, il va alors continuer cette « thérapie » jusqu’à son adolescence. En 2005 il décide de former le REM à Vienne, recrutant des dessinateurs et des graphistes autour du thème de la « destruction créative ». Ainsi naît l’univers de NYCHOS, l’expression de souvenirs enfouis dans sa mémoire, qu’il conjugue avec son adresse du dessin : ses fresques représentent des tranches de vie d’une grande précision, elles dévoilent l’inconnu des corps, qu’ils soient réels ou non (Bob l’éponge coupé en deux et un requin façon dissection du cours de S.V.T).

Dans sa dernière création en Autriche, NYCHOS nous offre 24m de fresques tout en hauteur, dévoilant un ours polaire (en morceaux n’est-ce pas) chassant deux petits poissons sous l’eau. L’élément le plus marquant est cet effet de transparence, façon radiographie, que le spectateur peut avoir en observant le travail de l’autrichien, ce n’est qu’une fresque en deux dimensions, et pourtant le regard traverse sans difficulté la matière organique. L’ouvrage, qui a nécessité quatre jours entiers de travail pour NYCHOS et pour le REM, est d’une précision infinie : aucun organe ne manque à l’appel (on a vérifié), et le style est aussi dérangeant qu’attirant. Implanté dans un lotissement regroupant plusieurs immeubles, il serait plutôt drôle d’observer la réaction des gosses qui apercevront cet ours géant peint sur la façade. Mais le gros nounours sanguinolent n’est pas méchant, il faut le voir comme une (gentille) mascotte !

Faites donc un tour sur leur site internet, qui compile l’ensemble des informations de NYCHOS et de REM (vernissages, expositions, travaux etc.). Artiste à suivre !

Crédits photos : REM/NYCHOS/StripArt/Dan Armand/1xRUN.

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