Obeyron, Les Maîtres Inquisiteurs – Olivier Peru & Pierre Denis Goux (2015)

Ça fait un moment maintenant que je suis plongée dans le monde de l’Heroic Fantasy, que ce soit en livre, film ou BD. J’ai toujours trouvé que ce dernier média avait du mal à faire ressortir la magie du genre (ressenti tout à fait subjectif, ma parole ne fait pas loi, lâche ta grenade). Je ne saurais même pas l’expliquer, c’est juste une certitude que j’ai acquise au fil de mes lectures.

Ce n’est pas pour autant que j’ai définitivement arrêté de chercher l’exception qui confirme ma règle, peut-être d’ailleurs la BD de cette semaine. Obeyron, le premier tome des Maîtres Inquisiteurs, est une œuvre d’Olivier Peru, que je connais en tant que romancier pour son œuvre Druide, (très bon au fait). Il a travaillé comme romancier, scénariste de BD ou dessinateur. Il connaît bien le monde de la fiction, et c’est assez évident à la toute première lecture de la BD.

Avant de vous en parler, voici l’histoire. Le monde d’Oscitan vient de sortir d’une guerre qui l’a fait trembler pendant de nombreuses années, incitant les gens à se méfier les uns des autres, même en ces temps de paix revenus. Et s’il y a bien une personne que le monde entier veut voir disparaître, c’est bien le mage Obeyron. Devenu maître-inquisiteur après la guerre pour lutter contre le crime, il est haï par beaucoup pour son trop noble sens de la Justice, et son usage fréquent de la violence. Il a ainsi humilié ou frappé plusieurs hommes influents assez susceptibles qui, pour se venger, lui ont imposé une mission dans la forêt des soupirs, lieu sordide parmi tant d’autres. Il tombe dans une embuscade et reste de nombreuses années enfermé dans cette forêt. Lorsqu’il revient à la civilisation, c’est pour se venger à grands renforts d’épée dans la tronche.

Premier point positif : Obeyron. C’est un personnage simple, touchant par certains côtés, qui applique la justice sans distinction, et cherche à se venger dans un univers très corrompu (Ned Stark du côté sombre de la force finalement). Il nous entraîne dans son sillage de violence en évitant les coups bas, et en démantelant, peu à peu, ce qui paraît être une gigantesque entreprise de destruction à son encontre. On découvre son histoire couleur rouge sang, qui a rendu son nom assez célèbre pour faire trembler ses ennemis, ses amis (rares), ceux qui ont vaguement entendu son nom… Trop juste pour être corrompu, une magie trop faible pour être un grand mage, il a choisi d’utiliser sa volonté d’acier pour devenir le bras impitoyable de la Justice.

Je disais que n’importe qui peut assumer la longue carrière de Peru dans le monde de la création, parce qu’il est évident qu’il sait construire un univers. On sent rapidement que le monde type moyenâgeux est très vaste, et a tout ce qu’il faut pour donner envie (dragons, elfes, magie) aux amateurs du genre, sans tomber dans les clichés. Il invente ses elfes, ses dragons, et impose ses règles à la magie. Deux ou trois pages suffisent pour t’attraper barbe ou cheveux et t’imposer à Obeyron comme compagnon de route.

Un autre détail, relativement important en BD, est à prendre en considération. Les dessins. Bon sang. Les DESSINS ! SUBLIMES mon gars ! Le style de Pierre Denis Goux te prend par les tripes à la première page quand il te propose des décors, des visages, des impressions de mouvements dignes des plus grands. Cette qualité visuelle a grandement joué dans mon appréciation de l’œuvre. Rien que pour ça, vous devez ne serait-ce qu’ouvrir cette BD et prendre deux minutes pour admirer.

En conclusion, c’est à lire. Pour fêter l’apparition plus qu’appréciée du dieu Rê dans nos cieux peut-être. Longue vie à lui !

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