Odezenne met tout le monde d’accord

Avec Dolziger Str. 2, le trio protéiforme français revient avec un troisième album incroyable et unanimement encensé. 

Certains de nos lecteurs assidus doivent se souvenir des débats, longs et passionnés, qui virent le jour à la suite de notre critique (que nous qualifierons, de manière absolument et assurément subjective, de juste et pertinente) sur le projet PNL. Heureusement pour vous, aujourd’hui, on devrait vous épargner toute sorte de discorde, en vous parlant d’Odezenne et de leur troisième album, Dolziger Str. 2, sorti le 13 novembre dernier. 

Odezenne, c’est, pour commencer, un groupe atypique par son nom et son environnement. Les trois potes ont choisi le nom de leur trio en référence au nom de leur proviseure de collège. Vous vous imaginez, vous, à prendre comme pseudo le nom de celui, ou de celle, qui vous faisait encore plus flipper que votre mère, quand vous aviez un mot pour « oubli du cahier de géographie », oui parce que le mardi, une fois sur deux, c’est géo bordel ! On vous l’a dit dix fois, mais vous, vous êtes incapable de vous rappeler si cette putain de semaine, elle est paire ou impaire, alors que, Margaux, au premier rang, avec son dix-huit de moyenne, elle le sait elle ! 

Désolé… on s’égare… 

Cette petite précision notée, venons-en au fait. Ce troisième album est l’occasion pour Odezenne de dévoiler toute sa palette de talents. Musicaux, tout d’abord, avec leur univers à cheval entre chansons, électro, pop’ et rap qui offrent des mélodies superbes. La musique est minimaliste et précise, alliant des sons de guitare à des synthés, et des percussions saisissantes, le tout dans une maîtrise systématique. Le rythme est, quant à lui, loin d’être linéaire, mais subtilement saccadé. Ensuite, le talent du trio se trouve dans ses textes. On jongle avec les mots, pour mieux jouer avec les maux. Ces  maux, ce sont les nôtres, ceux de notre société et de la vie qui l’accompagne. A l’écoute de l’album, on se trouve comme emporté dans un environnement plein d’ivresse, d’une noirceur superbe, et soutenu par un humour aiguisé. Au carrefour de tout ça on retrouve un peu de Mickey 3D, un soupçon de Fauve qui aurait réussi, ou encore un échantillon de Cabadzi. 

Si PNL avait des clips et des intru’ de haut niveau, il leur manquait cruellement des textes et le tout se voulait faussement cru ou violent. Odezenne, eux arrivent à tout assembler. Les textes sont beaux, mais aussi crus. Les textes sont forts, mais aussi pleins de tendresse. Les textes sont, parfois, noirs, mais laissent entrer une lumière et une bonne humeur folle. 

Vous l’aurez compris, avec Dolziger Str. 2, Odezenne impose son hip-hop électro, et s’impose comme tauliers de la scène française. 

Crédit photo : © Romina Shama

Les commentaires sont fermés.