Olafur Eliasson – « Contact » : Un Pari réussi pour la Fondation Louis Vuitton

« Contact » est la première grande exposition depuis l’ouverture en fanfare de la Fondation Louis Vuitton. En effet, l’artiste originaire du Danemark, Olafur Eliasson, connu pour tenter de relier la relation existante entre la nature et la technologie, avec notamment « Beauty » en 1993, « Camera Obscura » ou encore « Eye See you » en 2006, a été invité à Paris pour transformer le musée en une sorte d’espace hivernal.

Un parcours méditatif et visuel

L’exposition commence dans l’estomac cubique mi-poisson, mi-bateau de Frank Gehry, le bâtiment qui abrite la fondation Louis Vuitton.
Eliasson est fidèle à lui-même et réussit à retranscrire une certaine monumentalité, et surtout le même spectacle de ses anciennes œuvres, notamment celui du Hall de Turbine de la Tate Modern de Londres. Cette forme d’art donne une ruée mentale au spectateur : il ne faut pas avoir peur de se laisser transporter, quitte à perdre tout ses sens et repères.

Comme pour beaucoup d’œuvres contemporaines, la critique peut-être facile : l’Art est minimal et peu cher, et on peut craindre qu’il y ait à travers « contact », une sensation écrasante qui pourrait secouer nos repères dans la vie quotidienne.
Néanmoins, l’art ne doit pas avoir peur de faire frémir.

Lorsque l’on entre dans ce parcours, le spectateur débouche dans une sorte de grotte avec un fragment de météorite. L’espace est noueux, métallique et surtout silencieux (quand il n’y a pas 50 personnes dans la salle).
Au-delà de cette petite chambre, plusieurs passages sombres se profilent avec des arcades menant à un nouvel espace caverneux.
L’ambiance est quasi mystique à travers ces chambres sépulcrales illuminées, Eliasson réussit là où peu y sont arrivés : l’art ressemble à de la magie, comme si l’on était transporté à la période glaciaire.

Les illusions d’optiques prolifèrent dans ce monde souterrain : par exemple, une fontaine danse dans une sphère de verre et réfracte les images du monde extérieur. Cet orbe est dans une immense galerie, proche de la grotte du début : elle révèle le symbole d’un royaume glacé, de lumière blanche et d’ombres noires.

« Overhead », est peut-être la partie la plus impressionnante de l’exposition et déstabilise facilement le spectateur. En effet, lorsque vous entrez dans la pièce, vous vous rendez compte, peu à peu, que la moitié de l’espace ovale n’est pas réel : elle est en fait traversée par un miroir. C’est une grande réussite de la part de l’artiste, puisque cet endroit n’existe que dans votre propre esprit. La lumière et l’espace ne sont que la création intérieure du cerveau.

La fin du parcours reste toujours aussi convaincante avec une fontaine jaillissant de l’obscurité. En effet, toutes les quelques secondes, celle-ci est éclairée par une sorte de flash : l’image de l’eau dansante et illuminée, laisse une image fantomatique dans l’œil et l’esprit. Si vous continuez à regarder ces éclairs d’eau argentée, vous verrez alors des formes bleues qui sont en fait inexistantes. Cet assaut éblouissant sur la perception est impressionnant.

« Inside the horizon » est la cerise sur le gâteau : vous avez 43 colonnes de forme triangulaire et de largeurs variables. Elles sont éclairées de l’intérieur. Deux de leurs faces sont recouvertes de miroirs, et la troisième est une mosaïque de verre jaune.
Si vous circulez parmi ces blocs, vous ressentirez alors un « jeu infini » où l’eau, l’architecture et les colonnes viennent se réfléchir.
L’espace est d’autant plus envoutant, grâce à l’atmosphère musicale planant de Samuli Kosminen et Eliasson.

Que dire ? L’exposition est une totale réussite. Quoi de mieux que de terminer ce parcours de l’esprit, avec une citation de l’artiste, publiée sur le site de la Fondation Louis Vuitton ?

« Le contact peut se trouver dans un bonjour, un sourire, le fait de sentir la main de quelqu’un d’autre dans la vôtre.
Être en contact, c’est être lié aux choses positives de la vie comme avec les choses difficiles de la vie.
Le contact n’est pas une image, ce n’est pas une représentation ; il s’agit de votre capacité à lier connaissance, à vous connecter à autrui et peut être même vous mettre à la place de quelqu’un d’autre.
Pour moi, le contact c’est la première étape vers l’inclusion »
Olafur Eliasson

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