Outings Project, ou comment amener le musée dans la rue

Il est coutume de dire que, parmi tous les artistes qui se sont relayés pour bâtir et décorer la Chapelle Sixtine, le plus triste de tous devait être celui qui s’est occupé des sols, tant les visiteurs sont obnubilés par les chefs-d’œuvre de Michel-Ange, au plafond. Pas un regard en bas, pas un compliment pour le travail effectué, bref une indifférence totale. Pourtant, le mec avait taffé le dossier. Monde cruel.

Ainsi, comme des millions de personnes, lorsqu’on visite un musée, notre œil est attiré par certaines œuvres, au détriment d’autres. C’est là que Julien de Casabianca, Corse d’origine, au cas où son nom ne vous aurait pas déjà mis la puce à l’oreille, a une idée super. Se rendre dans un musée et prendre en photo, un personnage d’une œuvre peu connue ou peu observée par les visiteurs. Ensuite, il suffit d’arracher ce personnage de son univers, pour l’imprimer en grand format, et le coller sur un mur. Ce qui donne des résultats assez surprenants, notamment par le décalage historique entre l’époque de la peinture et les rues de nos jours. Certes, associer le monde des musées et le Street art n’est pas nouveau. Récemment encore, Dali rencontrait l’art urbain à Montmartre. Mais, ici, la démarche est totalement nouvelle. Il s’agit de se réapproprier des personnages quasi inconnus (pas de reines ou autres figures vues à maintes reprises), et de les incorporer dans un décor totalement inédit et contemporain.

Le projet lancé, il fallait le faire fleurir. Alors, Julien collabore avec la Maison de Pratiques Artistiques Amateurs à Paris, puis s’exporte à Londres et, moins loin, à Dijon. Le succès est au rendez-vous et les Outings se retrouvent dans le monde entier : Barcelone, Rome, le Brésil, le Paraguay, entre autres. Maintenant, Julien de Casabianca aimerait, grâce à cette initiative, amener aux musées les gamins qui ont déserté cet espace, car ils ne se pensaient pas représentés dans ces lieux. Une certaine philanthropie associée à l’art, qu’il faut absolument soutenir ! En plus de cela, ce projet est entièrement participatif. Chacun d’entre nous peut s’y mettre, photographier, imprimer, puis coller.

N’hésitez pas à aller faire un tour sur le site internet d’Outings Project, ça vaut le coup. Un rapide coup d’œil à la galerie vous fera comprendre que l’art n’a pas de limite créative, ni géographique.

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