Ouverture de la Fondation Prada à Milan : le pari réussi de Miuccia

Le 9 mai dernier s’ouvrait à Milan un nouvel espace dédié à l’art contemporain : La Fondation Prada. Dans cette ancienne distillerie, la marque de luxe italienne installait ses quartiers pour participer, au-delà du mécénat, à l’activité artistique internationale. L’impulsion initiale est venue de l’héritière de l’empire, Miuccia et de son mari Patrizio Bertelli, mais c’est sous le crayon de l’architecte hollandais Rem Koolhas que la fondation a pris forme.

L’ouverture en mai n’est pas un hasard, la maison Prada compte bien devenir un pôle artistique majeur en Lombardie, avec en toile de fond l’Exposition Universelle de Milan, qui fait déjà venir un nombre important d’artistes, de journalistes et de collectionneurs. Temple du 7e art, art contemporain, sculptures antiques, l’univers Prada se veut sans limite, dans une sorte d’éclectisme artistique et aussi, comme un lieu de rencontres et de partage pour les artistes du monde entier. C’est au début des années 90 que Prada amorce le développement de son « service culturel » avec une première fondation à Milan, ville originelle de la marque, sous le nom de PradaMilanoArte, avant d’investir Venise de 2011 à 2014 et de revenir aux sources, dans la capitale lombarde.

L’exposition Serial Classic, visible sur place, évoque avec un regard très contemporain, les multiples connexions entre les artistes grecs et italiens autour de la représentation du corps dans la sculpture classique. Avec plus de soixante-dix œuvres originales ou issues de copies anciennes, Serial Classic propose de mieux comprendre les techniques de création, les modes qui ont pu influencer la création de ces sculptures. Second espace artistique de la fondation, le cinéma ; avec en ce moment, et jusqu’au 25 juillet 2015, la projection d’un reportage sur le cinéaste Roman Polanski, entrecoupée de courtes scènes illustrant l’univers de l’artiste. La visite continue et le visiteur prend de la hauteur avec le troisième espace d’exposition : la Haunted House, couverte de feuilles d’or sur ses murs extérieurs. Cette tour, visible de loin par les visiteurs, abrite deux œuvres de Louise Bourgeois et une installation permanente de Robert Gober. Avant de partir il est possible de se prendre un caffè ristretto au bar Luce, entièrement pensé et réalisé par le réalisateur Wes Anderson : formica, flippers, déco des années 70, tout en dégradé acidulé, une immersion totale dans l’univers déjanté du cinéaste. Enfin pour les non claustrophobes, allez voir l’installation de Thomas Demand qui a reconstitué une grotte espagnole avec trente tonnes de carton gris, modelée avec l’aide d’un ordinateur afin de la recréer à l’identique.

Ah oui ! Dernière chose, n’oubliez pas de récupérer vos enfants, laissés à l’Accademia dei Bambini, la dernière innovation de la fondation, qui offre gratuitement aux tout-petits une ouverture sur le monde de l’art et de la culture. Développé avec l’Ecole Nationale d’Architecture de la ville de Versailles et la neuropédiatre Giannetta Ottilia Latis, cet espace de création et de développement, offre un cadre exceptionnel pour s’ouvrir aux autres et à l’art.

Si vous êtes venu pour l’Exposition Universelle de Milan, la visite de la Fondation Prada est une étape obligée !

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Crédits et sources photographiques : Fondazione Prada/Vogue US/Le Monde/Le Temps/O.M.A.

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