OVER THE WALLS A LA SOCIETE GENERALE : DU BITUME A L’ELEVATION ARTISTIQUE.

Les expositions ne se voient pas que dans les musées. L’application Pidaïa, dont on vous a dévoilé toutes les merveilles, recense presque 250 expositions visibles à Paris en ce moment, et parmi celles-ci, Over the walls, dans les « bucoliques » tours de La Défense.

Art-gent : collections et défiscalisation

La Société Générale soutient des artistes, des orchestres, des instrumentistes : ses deux axes principaux de mécénat sont l’art contemporain et la musique classique. 

L’art contemporain a rencontré l’entreprise lorsque celle-ci a déménagé du prestigieux boulevard Haussmann pour s’installer dans les impressionnantes tours Chassagne et Alicante de La Défense. Dans ces buildings tout de verre et d’acier, signés par deux Grands Prix de l’Architecture (Michel Andrault et Pierre Parat), les espaces sont à la fois oppressants et déroutants. L’art apparaît comme une bouffée d’air, les murs nombreux semblent prédestinés à accueillir des œuvres, afin d’humaniser tout ce béton étouffant. 

Par goût du beau – et pour la défiscalisation – le groupe a investi dans une véritable collection, rassemblant ainsi les œuvres d’artistes notoires ou émergents : Pierre Soulages, Pierre Aleschinsky, Zao Wou-Ki, Antoni Tàpies, Thomas Ruff, Eric Baudelaire, Anna Malagrida etc. En effet, l’achat d’une œuvre d’art contemporain par une entreprise n’est pas un investissement innocent : le prix d’achat est déductible du résultat imposable. Les œuvres concernées par la déduction fiscale doivent être exposées dans les locaux professionnels, dans un lieu accessible au public. La Société Générale valorise plus encore ses collections par des expositions organisées autour de thèmes. Over the walls est l’un de ces projets de direction artistique. 

Art-chitecture : deux disciplines interactives 

Cette année, l’exposition Over the walls exploite la collection sous l’angle de l’architecture, comme facteur économique, créatif et esthétique. L’architecture est un art qui nourrit d’autres disciplines telles que la photographie, les installations, la sculpture. La Société Générale a confié à Giovanna Carrer la mise en place de l’exposition autour de cette thématique. Une cinquantaine d’œuvres sont présentées en cinq axes : entre mythe et réalité, l’architecture de villes-monde (entre décor et banalité), l’architecture du quotidien (entre ruines et chantiers), traces d’architecture (entre paysage et composition), l’architecture imaginaire.

Photos et toiles révèlent les visions divergentes de l’homme par rapport à l’espace, à la ville, au territoire. Thomas Ruff questionne la réalité de l’image dans la photo. Yves Belorgey constate le déclin et la détérioration des buildings dont la construction s’inscrivait dans la politique d’urbanisation des années 70. Eric Baudelaire met en scène l’oubliée Abkhazie, ancienne cité balnéaire de luxe appelée la Perle de la mer Noire, aujourd’hui pays dans un état de ruine chaotique. Per Barclay crée un effet miroir en renversant de l’huile sur le sol, modifiant notre perception de l’espace. Edward Burtynsky nous fait perdre tout sens de l’échelle humaine. Bref les choix sont nombreux, les visions variées et l’ensemble assez savoureux : témoignages, esthétique, abstraction, réalisme, écologie, et création sont au rendez-vous pour un voyage dans le temps et dans l’espace, en plein cœur de La Défense. Ces images montrent l’empreinte de l’homme dans la nature, la richesse de la création architecturale, les débats urbanistiques, le poids du temps sur la pierre, et bien d’autres propos qui donnent à réfléchir. 

Infos pratiques : 

Over the walls, Visions d’architectures

Tours de la Société Générale, 17 cours Valmy, La Défense. 

Visites guidées gratuites grand public et scolaires via inscription sur le site de la collection Société générale : collectionsocietegenerale.com, ou par mail : mecenat.artistique@socgen.com

Du 7 juin au 21 décembre 2016. 

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