Paestumanità : acheter pour sauvegarder

Au sud de l’Italie, où l’Etat ne peut pas, c’est le citoyen qui intervient.
Grâce à l’initiative d’une association écologique, Legambiente, un projet novateur d’actionnariat environnemental a été lancé pour protéger un des plus beaux sites de la Grande-Grèce, Paestum.

Au sud de Naples et de Pompéi, à quelques pas de la belle côte Tyrrhénienne, s’érige la colonie grecque de Poseidonia, fondée par les Sybarites en 600 av. J.-C. et dédiée au dieu de la mer Poséidon. Conquise par les Romains en 273 av. J.-C., Poseidonia pris le nom de Paestum. En 1998 Paestum a été classé patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.
Les trois temples doriques de Paestum, nommés Cérès, Poséidon et la Basilique, sont des joyaux d’architecture grecque en Grande-Grèce. Le musée archéologique de Paestum conserve la célèbre tombe du Plongeur qui demeure le seul exemple de fresque grecque découverte à ce jour.

La zone archéologique est grande : 95 hectares. Seul ¼ est aujourd’hui conservé par l’Etat. 25 hectares sont en effet de propriété publique et gérés par la surintendance du patrimoine archéologique de Salerno. Une partie de la zone archéologique est ouverte aux visiteurs, ensemble du musée archéologique qui recueille les objets et les tombes trouvés dans le territoire.
Le périmètre de la ville de Paestum est délimité par les murs de défenses dans lesquels s’ouvrent quatre portes. Les murs de la ville sont en outre fortifiés par des tourelles de contrôle. Entre ces murs et la zone publique protégée par l’Etat ils restent 70 hectares de terrains de propriété privés. Ces terrains sont intensivement exploités pour la production agricole et l’élevage de buffles, précieuses pour la fabrication de la mozzarella. L’Etat devrait exproprier ces terrains pour en préserver l’intégrité à la lumière de leurs grandes valeur archéologique. Néanmoins, faute de moyens et, quelques part de volonté aussi, ces terrains demeurent privés. Forte de ce constat aberrant, une association de défense de l’environnement, Legambiente, a crée un projet novateur d’actionnariat environnemental, Paestumanità.

Legambiente est présente sur le territoire de Paestum dès 1987, avec des initiatives visées à sensibiliser la population locale aux problématique du développement durable. Avec l’aide de nombreux bénévoles, qui arrivent à Paestum via l’Union Européenne, Legambiente réhabilite les murs de l’ancienne ville de Paestum, étouffés par les mauvaises herbes. Legambiente s’investit en outre dans la récupération de la partie de la côte correspondante à la zone archéologique, qui était alors utilisée come une déchèterie abusive. La pinède et la plage sont bonifiées des déchets et on y crée l’oasis écologique Torre di Mare, où petit à petit la lys de mer, une espèce botanique protégée, réapparait sur les dunes de sables.
Enfin, en décembre dernier débute l’appel au don que Legambiente, à travers la fondation Paestumanità, lancé pour acheter et sauvegarder les terrains privés de la zone archéologique de Paestum : acheter pour sauvegarder.

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