Palmyre, après les condamnations, la riposte française

Dimanche 23 août s’est tenu à Paris une réunion entre les ambassadeurs étrangers en France et le chef de l’Etat. Condamnant unanimement les nouvelles destructions de l’EI (Etat Islamique) et la mise à mort de son ancien directeur des Antiquités, Khaled al-Assad alors âgé de 82 ans, François Hollande a posé les premières lignes de la contre offensive française.

Celle-ci va s’orienter selon le Président sur « une mission de protection des biens culturels dans les conflits armés » sous la directive du Louvre et de son directeur, Jean-Luc Martinez. Cette décision d’organiser cette « riposte culturelle » sous l’égide du plus important musée français n’est pas un hasard. En effet, depuis les premières grandes évacuations sous Napoléon III (voir les travaux du maître de conférence de Paris 1 Arnaud Bertinet sur la sauvegarde du patrimoine), le musée du Louvre a acquit un certain savoir faire dans le domaine de la préservation des biens culturels. Savoir faire qui a été ainsi utilisé pendant les deux guerres mondiales afin de protéger le patrimoine national des différents dangers de ces conflits armés (vols, destructions, trafics, spoliations etc.). Les principales interrogations concernant cette nouvelle mission porte sur deux points: dans un premier temps la mission deviendra t’elle internationale, avec des équipes sur place ou en contact avec les diverses institutions syriennes (rappelons que la très grande majorité des chercheurs, archéologues, scientifiques occidentaux ont quitté la Syrie et l’Irak depuis plusieurs mois) ou simplement présente sur le territoire nationale. Autre point évoqué celui-ci par François Hollande, celui du contrôle du marché de l’art français pour lutter contre le trafic d’oeuvres d’art qui arrivent déjà en Europe, et qui sert à financer le terrorisme. Avertis, les galeries, marchands d’art, institutions muséales et collectionneurs connaissent déjà les risques judiciaires d’être mêler à de telles affaires; et ce depuis la parution il y a maintenant plusieurs semaines, des listes d’objets portés disparu des collections syriennes et irakiennes. Cette surveillance ne pourra pas se faire qu’avec la seule participation du Louvre, mais bien avec toutes les forces en présence sur le territoire: les équipes du Bouclier Bleu, du service des douanes et de l’Unesco. Quelles seront alors les actions et les partenariats entre ces institutions ?

Ces premières mesures annoncées par le chef de l’Etat étaient attendues depuis un long moment par l’ensemble des professionnels de l’art, par la classe politique et surtout par l’opinion publique majoritairement convaincue de la nécessité de stopper rapidement les actions de l’État Islamique. Cependant le chemin reste encore long et difficile pour assurer la stabilité de la région, la sécurité de ses habitants et de son patrimoine culturel. Il est évident que ces mesures sont louables de la part du gouvernement, mais l’urgence est là et il est nécessaire de mettre en place un plan solide et efficace contre ces destructions du patrimoine mondial de l’humanité.

Sources et crédits photographiques : Francetvinfo/AFP/Ministère de la Culture 

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