Paris Art Design 2015 : La matérialité du Beau

Pour l’édition 2015 cette Art Fair se tient du 26 au 29 mars au Jardin des Tuileries à Paris. L’équipe d’Art/ctualité a eu le privilège de rencontrer les exposants, et bien sûr, de découvrir un autre aspect du marché de l’art parisien lors d’une session presse exclusive. Compte rendu d’une matinée hors du temps et de l’espace.

Impossible de manquer cette ramée immense, d’un blanc immaculé, plantée dans le Jardin des Tuileries. Symbole encore fort de la majesté royale d’avant la Révolution, ce lieu incontournable du 1er arrondissement de la capitale, à deux pas du Louvre, offre un emplacement privilégié pour cet évènement. Pénétrer à l’intérieur de cette gigantesque tente vous coupe instantanément de la vie extérieure, le visiteur est capté d’emblée par le chatoiement des ors et par le brillants des vernis. Ici, les galeristes et les designers attendent des collectionneurs et des passionnés de design venus du monde entier, pour se confronter à des parallèles artistiques surprenants. Le choix du comité de sélection d’opposer frontalement le meilleur des Arts Décoratifs du XXe siècle et du Design Contemporain, offre une expérience inédite, qui permet au visiteur d’apprécier l’art non pas dans son unité, mais dans sa globalité.

Pour cette XIXe édition, le PAD propose de diversifier son exposition avec la venue de l’art islamique et indien (représenté par Alexis Renard), mais aussi de l’artiste grecque Marina Karella (par Pierre Passebon), ou encore des plasticiens Gilles Charbin et Franck Laigneau (par la Galerie Canavese). Ceci, tout en conservant un jury d’exception pour la remise de son Prix, gagné l’année dernière par la Galerie Torri et la collection Magma de Victoria Wilmotte.

Petite sélection des candidats sérieux pour les prix de cette année (Prix du Stand, Prix du Design et le Prix des Arts Décoratifs du XXe siècle) :

- La Galerie Jean-Christophe Charbonnier, spécialisée dans l’art japonais (avec une forte inclinaison pour l’armement traditionnel des samouraïs). Très vite, on dépasse le simple cadre des artefacts de guerre pour observer un travail de précision, et une grande variété de matériaux employés : cuir, bois, acier, poils, bronze etc. Une valeur sûre pour un marché de l’art qui garde toujours un œil sur l’Asie.

- Finch & Co Gallery, présentée par Craig Finch, un britannique qui puise son savoir-faire de galeriste dans une passion caractéristique de l’Angleterre : le cabinet de curiosités. Nous trouvons ici des antiquités, de la taxidermie, des cannes de gentlemen, des fragments de statues chrétiennes européennes, de l’art tribal, la liste est vraiment longue…Reconnue pour son travail rigoureux, la galerie a pour client le MET, le MUCEM et le Victoria & Albert Museum. Oui rien que ça. Prenez le temps de vous arrêter à son stand, vous plongerez dans l’univers presque mystique d’un vrai cabinet de curiosités.

- Garrido Gallery, spécialiste du design contemporain, cette galerie espagnole rassemble Paloma et Juan Garrido, deux orfèvres ayant fait leurs armes dans la galerie de leur père, le célèbre Damian Garrido. Alliant artisanat du luxe et nouveaux procédés de fabrication, ils façonnent commodes, sièges, tables et consoles dans des alliages somptueux (or, argent, nickel) pour le plus grand plaisir des acheteurs (moins pour leurs portefeuilles cependant). Pour la trouver au PAD, suivez le halo doré.

- James Gallery, spécialistes du mobilier moderniste brésilien, Paul Viguier et Candice Fauchon mettent la barre très haut avec une sélection, style Arts Décoratifs (XXe), exclusivement brésilienne. Les œuvres de De Barros, Niemeyer, Rodrigues (pour la plupart jamais vues en Europe) sont présentées. Mais le clou de la galerie reste la fameuse chaise tripode de Joaquim Tenreiro intitulée la Cadeira Três Pés, utilisant cinq variétés de bois (Jaracanda, roxinho, pau-marfim, imbuia et cabreuva) disposés en fines lamelles. Un must.

Crédits photographiques : Art/ctualité – PAD Paris 2015

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