Paris Photo 2014

En ce mois de novembre, la photographie est à l’honneur dans la capitale française et l’événement phare est Paris Photo, foire où est exposé le meilleur de cet art visuel. J’ai eu l’occasion de m’y promener et voici mes impressions

Cette année, à la différence des autres, Paris Photo s’est tenue au Grand Palais au lieu du Carrousel du Louvre, ce qui donna une nouvelle ampleur à l’événement et, d’après quelques témoignages que j’ai pu recueillir, permit de mieux organiser l’exposition. Les concurrents se sont sentis plus à l’aise, de même que les galeries et les photographes présents.

L’ensemble des travaux exposés fut, pour le moins, très hétérogène : des photographies de grands artistes, tels que André Kértész, Sebastiao Salgado, Henri-Cartier Bresson, Manuel Álvarez Bravo, David Lachapelle, Alfred Stieglitz, et d’autres moins connus comme Astrid Kruse Jensen, Zoé T. Viscaíno, Tim Parchikov, entre autres, ont été accrochées sous le dôme du Grand Palais.
En dépit du grand nombre d’artistes de diverses nationalités, la scène fut, une fois de plus, monopolisée par les galeries occidentales, avec une forte présence de pays européens, des Etats-Unis, et de quelques galeries provenant de l’Amérique Latine : Document Art Gallery de Buenos Aires, AFA du Chili et Patricia Conde Galerie du Mexique. La présence de ces quelques galeries latines est révélatrice de l’ouverture du marché de l’art dans des pays émergeants et dans le marché asiatique.

Cette nouvelle donne permit son ouverture à la foire, ce qui posa quelques problématiques sur la définition de la photographie de nos jours, son parcours jusqu’ici, son histoire, ainsi que sur son devenir. En effet, j’ai pu découvrir certaines œuvres, quelque peu éloignées de la photographie. Par exemple l’œuvre de Yorgo Alexopoulos qui montrait un cliché de vagues en mouvement, ou encore l’œuvre de Graciela Sacco qui certes est une photo, mais sur des morceaux en bois, ce qui lui confère une toute autre nature. Paris Photo soulève beaucoup de questions sur le médium, mais joue cependant bien le rôle d’exposition « polémique ». Mettant sous les projecteurs les principaux acteurs du milieu, posant toutes ces problématiques de définition, elle projette l’art visuel vers le futur.

Autre point qui me permet affirmer l’engagement de cet événement dans la définition du médium photographique, c’est le regard qu’elle porte vers le passé. Toute une partie, à l’étage, a été consacrée à des photographies anciennes qui portraituraient les familles royales de pays comme l’Inde, le Népal et l’ancien Ceylan (aujourd’hui Sri Lanka). On découvre une grande ressemblance entre les images de ces familles et les miniatures mogholes. Le plus important, est le constat de l’image prise comme vecteur du pouvoir politique. Ce n’est pas un secret, beaucoup d’hommes politiques se servent de la photographie pour créer un certain effet dans les populations, un des cas les plus connus à nos jours est celui de Vladimir Poutine qui, à travers ses photographies, véhicule une image d’homme fort et invincible, l’idéal de l’Homme russe.

À travers ceci, Paris Photo met à nu la polysémie de la photographie : ce n’est pas uniquement un art visuel mais un instrument de pouvoir, une arme pour dénoncer les guerres ou juste un médium pour immortaliser le quotidien. La photographie reflète la complexité du regard humain et Paris Photo en souligne toutes ces facettes. Elle dévoile à ses spectateurs des mondes inconnus, elle fait rêver ou provoque des cauchemars ; en bref c’est un événement complet qu’il ne faut pas rater si vous êtes passionnés par la photographie !

Crédits photo

Les commentaires sont fermés.