Paris Photo : c’était comment ?

La foire Paris Photo s’est tenue au Grand Palais du 12 au 13 novembre

La foire de Paris Photo s’est terminée bien trop vite, en raison des attentats qui ont eu lieu le vendredi 13 novembre au coeur de la capitale. Quel choc pour les habitués de la foire de ne pas voir les portes ouvertes le week-end ! Sachant que c’est le samedi et le dimanche que sont réalisées les plus grosses ventes, et où il y a le plus de monde. 

La foire promettait beaucoup : deux nouveaux directeurs, plus de galeries généralistes, et plus que des galeries spécialisées, en photographie spécialement. 

Coups de coeur en série

De gros coups de coeur sur cette foire malgré tout. Les allées n’étaient pas trop encombrées, on a circulé tranquillement, à notre rythme, en appréciant chaque stand. Même si on retrouve souvent les grands noms de la photographie, on s’est délecté de certaines sélections. On a apprécié les tirages de Stephen Shore présentés par la galerie Sprüth Magers. Les couleurs attirent rapidement le regard, on croirait presque voyager. On s’est ensuite arrêté devant les clichés en noir et blanc de la galerie Stephen Daiter Gallery de Chicago. On a particulièrement flashé sur l’oeuvre Untitled de Robert Frank. Les deux grands-mères prises en gros plan, aux lunettes de soleil, réchauffaient le stand. On continue de naviguer, et puis on marque une pause devant les oeuvres impressionnantes de Leyla Cardenas. On s’arrête sur le stand de Stephen Bulger Gallery pour regarder les photographies de Scott Conarroe. Son Pedestrian Walkway, Santa Monica nous a vivement rappelé l’été, le soleil, la chaleur. Et ces temps-ci, ce n’est pas de refus ! On regarde le travail de Lucinda Delvin et puis celui d’Harry Callahan. Les stands défilent, et on se croit maintenant dans une sorte de monde onirique. Les clichés se suivent et forment à eux seuls les parois d’un monde imaginaire dans lequel on ne se lasse pas de naviguer.

On est rapidement rappelé à la réalité avec l’oeuvre Sans titre #19, Série Syrie, de Thibaut Cuisset. On y voit les ruines de Palmyre, dressées fièrement, vêtues d’un jaune éclatant et surplombées d’un bleu profond. La photo rend le lieu si calme, si paisible, alors que l’on sait qu’il est actuellement ravagé par Daesh… Tout à coup, on se mal à l’aise face à ce cliché. Tout est figé, cependant cela se veut être le portrait d’un endroit en perpétuel mouvement, un lieu qui connait la guerre, des pierres qui sont le théâtre d’exécutions et de pillages. C’est à coup sûr une de nos oeuvres préférées !

On détache les yeux doucement du cliché, au paradoxe troublant, pour se diriger doucement vers le métro. Non, non, pas le vrai, c’est une photo. Celle d’Adam Magyar, Stainless. Le cliché est très sombre, on reconnait la rame et le logo de la RATP. Les individus semblent figés dans le temps. Là aussi la photographie rend compte d’un moment d’agitation, et une fois l’oeuvre encadrée, on pense à une scène de la vie quotidienne, si calme… Habile travail.

Vient le tour de la superbe série des corps nus de Lucien Clergue. La galerie Bernheimer Fine Art Photography propose une sublime sélection. Les nus en noir et blanc exhalent la volupté, la délicatesse et la sensualité. Les courbes des modèles nous font ralentir devant ce stand, et nous délecter devant le formidable travail de l’artiste, à qui l’on consacre, actuellement, une exposition dans les galeries du Grand Palais. 

Il commence à se faire tard, et les clichés de Jeff Brouws, Sandman at Night, Reno, Nevada, vont parfaitement avec le milieu où nous sommes. Ce motel rappelle cette ambiance propre aux Etats-Unis, une journée, bien chargée, un « diner », et une nuit au Motel. On continue toujours … plus que quelques stands et le voyage sera terminé… 

Bien que Paris Photo ait été obligé de clore ses portes plus tôt que prévu, nous avons tout de même pu profiter de la foire et de ses exposants. Des stands tous soignés à la perfection, chacun avec une ambiance et une scénographie qui lui est propre. On peut penser qu’une foire de photo au Grand Palais peut paraitre répétitive, et lassante au bout d’un moment, mais il n’en a rien été. On a réellement apprécié chacun des stands, bien que certains nous aient marqué plus que d’autres. Les galeries d’art généralistes ont su proposer des sélections de qualité.

Un pari réussi pour les deux nouveaux directeurs de l’édition 2015 ! On a déjà hâte d’être à la prochaine édition !

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de se rendre à la foire, sachez qu’une visite virtuelle est mise à disposition. Oui, c’est moins bien qu’en vrai, mais au moins, face à votre ordinateur, personne ne vous passera devant, ou ne vous bousculera. Et vous aurez un peu l’impression d’être le maitre du Grand Palais. Et sinon, les galeries parisiennes présentent, lors de la manifestation prévue de vendredi à dimanche prochains, leurs sélections chez elles ! Profitez-en si vous êtes sur Paris à ce moment-là ! Une petite séance de rattrapage = plus d’excuse !

Crédit photo : Grand Palais, 11 nov 2015 ©Marc Domage/Paris Photo

 

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