Pascal Colrat, rêver l’art dans ses propres songes

Une esquisse, un éclat de mine, à chaque coup de crayon Pascal Colrat rêve un peu plus. C’est un sommeil incertain, une aubaine reposante qui n’échappe pas au clivage, un art endormi qui oscille entre représentation figurative, et abstraction d’une réflexion presque philosophique. Les songes sont bien loin d’être égoïstes, puisqu’il expose, pour notre plus grand plaisir, 6 mois de rêveries et de dessins, 100 œuvres sur papier, au Passage de Retz (M° Filles du Calvaire) jusqu’à fin mai. L’engagement politique que nous lui connaissons, et les portraits utopiques, laissent leur place à l’imaginaire pour une exposition intemporelle qui met l’insouciance à l’honneur.

Sorti de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Paris, Pascal Colrat fuit le public des musées et des galeries, et tente d’intégrer, du mieux qu’il peut, ses œuvres au sein de la ville. C’est à travers les affiches, notamment celles du théâtre Jean-Vilar, qu’il s’immisce dans les courbes sensuelles de la capitale et de sa banlieue, afin de juxtaposer ses photographies à l’environnement urbain. Il nourrit sa carrière et se fait un nom. Connu et surtout reconnu, l’art n’a pas une seule fin esthétique, mais participe à la transmission d’un message.

Au lendemain d’une intervention médicale, le travail sur écran n’est plus aussi évident pour Pascal Colrat qui décide de retourner vers son premier amour : le dessin. C’est donc une exposition sans artifice, pourrions-nous dire, qui nous est proposée. Le photographe, affichiste et illustrateur, dévoile plus de 180 jours de pensées sur papier, un retour aux sources capable de satisfaire aussi bien les spectateurs que l’artiste lui-même. Par ailleurs, soucieux de démocratiser l’art à chaque nouvelle exposition, l’acquisition des dessins sera relativement abordable, même pour l’adolescent que vous avez trainé de force jusque dans le troisième arrondissement de Paris, en lui promettant une œuvre dans sa chambre.

L’exposition ouverte au public du 29 avril au 29 mai 2015 participe à la transformation d’un affichiste pressé en dessinateur rêveur. Pascal Colrat délaisse l’urgence des commandes quotidiennes, au profit d’une enclave inattendue esquissée à l’encre de Chine.

Crédits photo : http://static.ladepeche.fr/

Les commentaires sont fermés.