Pérugin trop vite oublié

Le Musée Jacquemart-André présente : Le Pérugin, Maître de Raphaël jusqu’au 19 janvier 2015.

Le Pérugin, (v.1450 – 1523) qui fût le maître de Raphaël, était un artiste extrêmement novateur. Connaissant une immense renommée, allant jusqu’en France, le Pérugin redéfinit les codes de la peinture. Ses corps sont à la fois très présents et vaporeux, denses et pourtant si légers. Il maîtrise la couleur avec justesse et s’amuse en faisant chanter les tons sur ses œuvres. Les toiles sont le résultat d’un travail fastidieux rempli de technicité.

La commissaire d’exposition, Madame Vittoria Garibaldi, présente lors de la visite inaugurale, a choisi avec brio la cinquantaine d’œuvres exposées. On peut apprécier la somptueuse Vierge à L’enfant, la célèbre Annonciation ou encore le magnifique portrait : Fransesco delle Opere.

L’exposition nous fait découvrir le travail du Pérugin de façon thématique, afin d’en étudier les étapes importantes qui ont marqué sa carrière et son travail.
La première salle est le reflet de ses premières années. La seconde est constituée autour de la thématique de la Madone avec plusieurs de ses Vierges à l’Enfant.
La troisième salle expose la période romaine du Pérugin avec par exemple, l’emblématique Portrait de Jeune Garçon. Dans les salles 4 et 5 le parcours du maître de Florence à Venise, nous est dévoilé avec comme œuvres phares, le Saint Jérôme pénitent ou encore le Saint Sébastien de la Galerie Borghèse. La sixième salle suit l’évolution du Pérugin, qui passe d’une peinture sacrée à une peinture profane. Et pour finir, dans les salles 7 et 8, vient alors cette question « Pérugin maître de Raphaël ? » en réfléchissant sur des œuvres comme le Polyptyque de San Pietro ou encore la prédelle du Retable Oddi.
La question se pose tout naturellement, car on parle trop peu de cet artiste. Certes, Raphaël est un des maîtres incontestés de son époque, mais que serait-il devenu sans l’apport massif du Pérugin ?

En étudiant le Pérugin, Raphaël s’approprie des codes bien spécifiques, une technique extrêmement étudiée. Lorsque nous comparons les travaux des deux artistes, on comprend tout de suite d’où vient l’effet de légèreté des œuvres de Raphaël. Il est alors possible de se rendre compte d’où provient cette juste mesure de la couleur dans les toiles de Raphaël.

Grâce à cette exposition, nous pouvons clairement comprendre le rôle qu’a eu Pérugin dans la peinture, la culture et l’histoire de son époque. Il mérite donc qu’on parle de lui, et cette magnifique exposition lui rend justement hommage. Un conseil : courrez-y !

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