Photo London s’élargit

Pour sa deuxième édition, Photo London a su affirmer son image et s’imposer comme une foire très prometteuse pleine de ressources. Cette année la foire accueillait près de 85 galeries. Les allées de la Somerset House ont reçu les galeristes présents lors de la première édition, et également, un grand nombre de nouveaux arrivants.

Une foire gagnante

Déjà, lors de sa toute première édition, la foire a su montrer à quel point elle pouvait être prometteuse. Pour sa deuxième édition elle a su se surpasser. Parmi les 85 galeries que l’on pouvait visiter, on a pu en découvrir 15 nouvelles labellisées « Découvertes ». La foire s’est donc placée sous le signe de la jeunesse, mettant également en lumière sa forte capacité à prendre des risques. Photo London a réussi à s’imposer comme valeur sûre en promouvant aussi bien sa scène nationale, autant que la scène internationale. 

Les galeries présentes étaient de très bonne qualité, spécialisées dans le XIXe siècle, et ont présenté des pièces exceptionnelles. On a pu apprécier un Maidenhair Fern de Fox Talbot, une des oeuvres les plus chères de la foire. Les galeries de renom telles que James Hyman, ou Roland Belgrave Vintage Photography ont permis de garder en mémoire, le fait que la photographie du XIXe a été fortement soutenue par le marché anglais, et que c’est Londres elle-même qui a permis son essor international. Photo London a parfaitement réussi à montrer sa volonté à s’ancrer comme foire de photographie. Bien, Paris Photo la laisse dans l’ombre pour le moment, Photo London affirme vouloir être la meilleure, d’un point de vue qualitatif et non quantitatif…

Un vent de fraîcheur

Beaucoup de jeunes galeries !  On a eu beaucoup de plaisir à voir une foire prendre des risques, en présentant de jeunes exposants, et des artistes que l’on n’a pas forcément l’habitude de voir. Beaucoup d’exposants venus tout droit de Paris avec Les Filles du Calvaire, Dix9 d’Hélène Lacharmoise, In Camera ou encore la galerie Particulière. Des risques aussi, pris du côté des artistes exposés, on pense notamment à Ahmet Polat (X-ist –  Istanbul), ou encore Arash Hanaei (Ag Galerie – Tehran), Massimo Listri (Holden Lutz Gallery – Palm Beach), et encore Karen Knorr (Les Filles du Calvaire – Paris). Les artistes exposés ont un regard aiguisé sur la société contemporaine et les conflits. Leur travail met en exergue tous les conflits existants ou les tensions actuelles. En ce sens, Photo London a su s’imposer comme une foire qui prend des risques, mais qui termine gagnante. Londres nous rappelle à quel point la culture pop est la marque de fabrique de cette capitale. 

Bien que Paris Photo soit un géant, Photo London sait être légère, sérieuse et présente des galeries de renom, connues internationalement, et sait aussi donner sa place à la jeune scène contemporaine. La jeune foire montre à tout le monde qu’elle connait ses classiques, qu’elle a des valeurs sûres, et qu’elle n’oublie pas l’époque dans laquelle elle se trouve. Photo London a surtout réussi le pari de la jeunesse et de la prise de risques, et  pour cette raison, il faut garder un oeil sur cette jeune foire…

Crédit photo : Ahmet Polat, “Gay Pride Day, Amsterdam” | Look! My Street 2015 Ahmet Polat

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