Pialat fait son cinéma

« Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus. »

Maurice Pialat alors qu’il recevait la Visual Studio Product Key Palme d’Or en 1987 pour Sous le soleil de Satan, sous les sifflets d’une partie de la salle.

Pialat n’était pas seulement un cinéaste. Avant d’être réalisateur, scénariste et acteur, Pialat était un adepte de la palette. Il a emprunté les voies des Arts Décoratifs et des Beaux-Arts de Paris : son violon d’Ingres étant avant tout la peinture. La Cinémathèque Française propose l’exposition, « Pialat, Peintre & Cinéaste » jusqu’au 7 juillet 2013. Ce sont des portraits, des paysages et des nus inédits qui nous sont dévoilés. Il travaille sur le motif, on reconnaît par exemple parmi les figures qu’il peint, François, le protagoniste de L’Enfance nue, film qu’il tourne des années plus tard, en 1968. Visual Studio Product Key

Au milieu de l’exposition, les commissaires d’exposition Serge Toubiana et Florence Tissot ont aménagé un couloir tapissé de photogrammes. On voit ainsi à quel point Pialat travaille l’esthétique, la composition, le cadrage de ses films. Chaque film est une mosaïque de photographies.

Sylvie Pialat a récemment confié à la Cinémathèque des dessins et des peintures mais également des notes, des scénarios annotés, des projets non tournés, des documents, des correspondances, des photos et des affiches. C’est au travail de l’artiste à l’œuvre, qu’on a accès : ratures, reprises, hésitations d’un cinéaste anticonformiste, pessimiste, provocant et exigeant. L’exposition retrace toute sa filmographie, de L’Enfance nue (1968) au Garçu (1995) en passant par Nous ne vieillirons pas ensemble, Police ou Van Gogh. On constate, au fil de notre visite des coulisses de sa production, que Pialat noue des relations intimes avec les acteurs et actrices qu’il filme dont Gérard Depardieu et Sandrine Bonnaire. Lors du vernissage de l’exposition, cette dernière déclara avoir vécu sa rencontre avec Pialat comme une renaissance, il était comme un père pour elle.

C’est sûrement sa manière de filmer qui lui a plu. Pialat montre ce qu’on ne voit jamais au cinéma, il le montre à sa propre façon, et surtout, met les acteurs à l’épreuve. Il ne prétend pas être un maître de la mise en scène, mais laisse les acteurs se débrouiller, il leur fait confiance. Il préfère les longs plans, parfois il s’attarde même sur le cadrage resserré d’un visage muet, pour instaurer un perturbant face-à-face entre l’acteur et le spectateur. Il parvient à donner de la profondeur à ses personnages qui sont a priori banals. Selon lui, « c’est le rêve des cinéastes de ne pas s’arrêter, de filmer un seul plan, il faut savoir se bousculer ». En fait, c’est un cinéma qui continue de s’écrire au moment du tournage.

Pialat reste en marge de la Nouvelle Vague, même s’il contribue lui aussi, à une rupture dans le cinéma français. Toutefois, c’est un grand admirateur de François Truffaut, qui est d’ailleurs le producteur de L’Enfance nue. Cela n’étonne pas : on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre L’Enfance nue de Pialat et Les Quatre Cents Coups de Truffaut. Il s’agit dans les deux films, de l’histoire d’un enfant abandonné, esseulé, mal aimé, et filmé comme un adulte.

Pialat - L'enfance nue

Pialat semble avoir été un sacré personnage. Ce cinéaste français intransigeant, inclassable, au caractère fort est à découvrir ou à redécouvrir.

Exposition jusqu’au 7 juillet 2013 et rétrospective complète de ses films jusqu’au 4 mars 2013.

Tarif plein : 5 €
Tarif réduit :4 €
Tarif Film ou Expo + Musée : 7 €
http://www.cinematheque.fr/fr/expositions-cinema/maurice-pialat.html

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