Pierre qui roule…

Les Rolling Stones viennent d’annoncer l’enregistrement d’un prochain album. 

Lorsque nos idoles, indéboulonnables statues, nous quittent trop longtemps, pour nous laisser dans une sorte d’ambiance moyenne, dans laquelle tout stagne et où rien ne sort du lot, on a souvent tendance à les regretter, à les rappeler, à implorer leur retour. Zizou, en 2005, Téléphone récemment, NTM en 2008, tous sont revenus sous l’ampleur de la demande des fans. Tous n’ont pas connu le même succès… On l’a appris, la semaine dernière, les Rolling Stones, sont de retour en studio, et devraient prochainement offrir un nouvel album. Entre impatience et peur, on se demande vraiment si ce retour est une bonne ou une mauvaise nouvelle.

Le 25 mars dernier, Keith, Mike et leurs potes se sont retrouvés pour un concert exceptionnel (d’un point de vue historique), sur l’île de Papa Fidel et de Tonton Raul, aka les Castro Brothers. Quasiment dans la foulée, le 4 avril, lors d’une exposition consacrée au monument mondial musical que sont les Stones, à la Saatchi Gallery de Londres, Ronnie Wood a balancé l’info : « Nous avons enregistré onze morceaux ». Depuis, le monde du rock’n’roll est dans tous ses états, et l’attente commence déjà à grandir. Mais, après le cœur, la raison reprend le dessus et nous force à nous interroger sur ce comeback.

On ne va pas se le cacher, depuis le milieu des années 70, les Rolling Stones ont eu la fâcheuse tendance de nous produire des albums franchement pas terribles, voire mauvais. Il ne s’agit pas de jouer les vieux relous, à bas de « c’était mieux avant », mais effectivement, il faut se le dire, les Stones c’était mieux avant… A l’image du concert cubain, on sent que l’âge se fait sentir, ce qui est normal, et que les substances qui pouvaient encombrer leur sang ou leurs narines ont disparues, ou n’ont plus le même effet. Si on ne peut pas juger un album qui n’est pas encore prêt, on peut toutefois essayer de se raccrocher au fait que Jagger, Richards, Watts et Wood annoncent avoir renoué avec leurs premières amours qui les conduisent au blues. Ce qui est plutôt bon signe. Du coup, on attend. On se dit que s’ils retrouvent l’inspiration divine qu’ils tenaient dans les années 60 et 70, il s’agira alors d’une nouvelle pierre ajoutée au monument Stones. Sinon ? Eh bien, sinon ce sera dans la continuité des années 80 et du mouvement descendant de ces idoles.

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