Poésie et Images, portrait de Julie Michelet

La rédaction d’Art/ctualité a eu la chance de rencontrer Julie Michelet chez elle à Paris où elle exerce son métier de photographe de mode. Résumé de l’entretien :

Exerçant sa passion qui est devenue son métier depuis près de deux ans, c’est par le dessin qu’elle découvre une certaine fascination pour l’image. Le médium ayant par la suite évolué vers la photographie, un moyen d’expression plus adapté à ses envies. Son attrait pour le monde de la mode apparait alors comme une voie royale pour mettre en valeur son esthétique pour les images ; tout en gardant un œil avisé sur ses projets, elle insuffle lors de ses shootings un aspect personnel pour trouver une sorte d’équilibre entre art et introspection critique. Monde ambivalent, la mode lie cependant l’aspect professionnel ( clients, marché de l’art, reconnaissance etc.) et personnel par le choix d’éléments propres à l’artiste, c’est cet équilibre qui lui permet de garder une certaine liberté d’action. Son métier de photographe elle le conçoit pour le moment en deux parties : la construction de son book avec des intervenants professionnels extérieurs, dans le but de faire des publications type magazines, et des commandes spécifiques pour des clients. Consciente des enjeux moderne de la « photographie-pour-tous », elle pose un regard critique sur un phénomène qui nuit à la profession : la multitude de photographes exerçant comme professionnels ou amateurs fait chuter les prix des séances et l’offre devient supérieure à la demande, c’est même parfois une demande de travail gratuit contre de la visibilité dans le milieux de la photographie qui est proposé…

L’inspiration*, elle la trouve dans un univers artistique étendu, de Pinterest à Cindy Sherman, du Louvre à Tarantino, un imaginaire en constante ébullition qui lui offre un champ infini d’idées. Avec une notoriété qui débuta sur les réseaux sociaux, Julie gagne rapidement le respect des professionnels de la photographie une fois installée sur Paris, elle va alors y trouver une légitimité, véritable adoubement artistique. Toujours présente sur internet, elle y présente ses travaux plus à la manière d’une vitrine virtuelle qu’un endroit de contacts. Ceux-ci se font en majorité par Facebook, en raison du nombre important de professionnels gravitant autour de la photographie ( coiffeurs, maquilleurs, mannequins etc.), mais aussi les agences, dans le but de travailler avec un mannequin expérimenté. Les profils que recherche Julie sont à l’opposé des « beautés lisses » que l’on trouve partout, se sont plutôt des profils particuliers. Il y a alors un échange entre le mannequin et la photographe, que ce soit quelques mots qui représentent dans les grandes lignes l’idée souhaitée ou des demandes plus précises. Avec les agences, un système d’échange est mis en place, un accord tacite entre la photographe, l’agence et le mannequin. Celle-ci va alors poser gratuitement contre des publications virtuelles ou papiers. C’est le cas de Julie Michelet, qui travaille sur des éditos de web-magazines ( Atwood Magazine, Hype Mag ou Gaschette ), un autre palier dans la reconnaissance de son travail. Véritable auto-entrepreneur depuis un an et demi, après avoir réussi son parcours à l’ESAD de Reims pour partir à Paris, elle alterne entre commercial, artiste et chef d’entreprise pour démarcher un maximum de clients, en attendant d’avoir un agent pour se libérer** du temps pour la création.

Autodidacte donc, elle observe chaque jour un monde à part, et le comprend progressivement au gré des bonnes et mauvaises rencontres, que ce soit sur les plateaux ou à l’extérieur, un parcours de montagnes-russes qui forge un caractère déjà bien trempé. Dans un univers dynamique et stimulant, la constante remise en question nécessaire pour offrir un travail de qualité permet à la photographe d’être toujours plus à l’aise lors des shootings, bercée par un professionnalisme soutenu et par un désir de nouveautés. Ayant connu dans un premier temps le travail en extérieur, elle s’épanouit maintenant de plus en plus en studio, dans un cadre plus facile à gérer. Ses outils sont volontairement limités : un kit lumière, un appareil, deux ou trois objectifs selon la séance, dans une optique de travail minimaliste, pour connaître et exploiter au maximum ses instruments. L’investissement en matériel se fait donc seulement quand il devient nécessaire pour avancer. Prochaine étape, toucher des magazines plus connus, et contacter des marques avec des budgets plus conséquents pour pouvoir offrir des visuels encore plus intéressants. Avoir le luxe de choisir dans un milieu très fermé est un privilège que tous les photographes non pas ; si le projet proposé ne plait pas à la photographe, il sera refusé de manière courtoise, pour ne pas se disperser et garder un rythme adapté à l’évolution de son book.
Un travail mature et en perpétuelle évolution, une exigence qui se perçoit dans les séances photos et la post-production des images : pas de doute possible, une photographe de talent émerge, à suivre avec attention !

Site personnel de l’artiste

Crédits photographiques : Julie Michelet

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