Pop & Musique à la Fondation Louis Vuitton : derniers jours !

Il ne vous reste plus beaucoup de temps pour filer voir le nouvel accrochage à la Fondation Louis Vuitton (FLV) dans l’écrin dessiné par Frank Ghery. Depuis son ouverture en octobre 2014, la vitrine culturelle de LVMH n’a cessé de « muscler son jeu » pour proposer une sélection d’oeuvres à la pointe de l’art moderne et contemporain. 

La Fondation : le nouveau paquebot de l’art contemporain en France

Pour ce troisième accrochage, la FLV propose au public un parcours surprenant et innovant qui explore avec beaucoup de finesse les abords de la frontière entre les arts plastiques classiques et la musique. C’est donc une exposition/composition hybride qui s’offre à la vue du spectateur. L’exposition Pop & Musique a été préparée comme une vaste interrogation entre l’art et la culture populaire moderne sous l’égide des médias et de la publicité. Alors oui il est vrai que l’on retrouve les sempiternelles réflexions autour de la « société de consommation », et de la « médiatisation du monde », dont se délectent d’habitude les types qui pensent connaître l’art contemporain (moulinet du poignet et yeux levés vers le ciel, on connait tous quelqu’un qui parle comme ça), mais là tout est différent. Ces axes, certes très connus, sont placés sous l’angle des génies qui eux en connaissent tous les rouages : Gilbert & George, Warhol et notre favori Jean-Michel Basquiat. Accumulation, réflexion, reproduction et retranscription sont les maitres mots de cette exposition. Outre l’évident bonheur de (re)découvrir les oeuvres des patrons de l’art moderne et contemporain, c’est aussi l’occasion pour le public de se frotter à des projets artistiques peut être plus pointus, comme des installations (celle de Marina Abramovic en rendra dingue plus d’un) ou des performances théâtralisées, comme celles d’Ulla von Brandenburg.

Pop & Musique, ce qu’il ne faut pas louper

Le début de la visite place déjà la barre très haut (à peu près là quoi) avec un triptyque monumental de Gilbert & George, Class WarMilitantGateway (1986) qui d’instinct vous rappellent les slogans graffés sur les murs de votre fac : « la difficulté de la jeunesse à conquérir sa place dans la société ». À côté, les quatre photographies d’Andreas Gursky présentant l’arrêt au stand de voitures de course est quasiment mystique. La composition évoque plusieurs Cènes,  avec des codes couleurs bien spécifiques jouant presque sur le terrain de la poésie. Ce qui pour des photographies de F1 est plutôt rare.

Richard Prince est lui aussi là, avec sur le mur extérieur de la Galerie ses Blue Cowboys (1994, 1999) des photographies reprenant les clichés mythiques des visuels Marlboro avec le fameux cow-boy. Une série visuellement parfaite bien que placée beaucoup trop haut par rapport au visiteur. Prenez l’escalier et aller admirer Grillo (1984) de Basquiat, un délicieux mélange d’art africain, caribéen et contemporain. Pause Instagram devant les Ladies and Gentlemen (1975) de Warhol, qui est un vibrant hommage aux figures de l’underground new-yorkais avant de se faire une cure de méditation chez Marina Abramovic à la Galerie 8 (en haut), assis dans un transat et devant un métronome.

S’il vous reste un peu d’énergie (nous avons cité moins de 10% des oeuvres), prenez le temps d’observer les montages vidéo de Cyprien Gaillard, un virtuose de la caméra et du son qui a composé des reportages artistiques tournés dans les banlieues de Paris, Saint Pétersbourg, Belgrade et Kiev. Ou comment être subjugué devant la destruction d’une barre d’immeuble à Meaux, avec une bande-son venue de Blade Runner. C’est un petit peu cela l’exposition Pop & Musique, un mélange d’art et de musique jamais vu auparavant.

Ce qui est bien avec la Fondation Louis Vuitton, c’est qu’après une visite de deux heures devant le meilleur de l’art contemporain, vous pouvez aller faire un saut au Jardin d’Acclimatation et faire du tir à la carabine. Ou manger une énorme crêpe, au choix.

Vous avez jusqu’au 4 janvier pour y aller !

Crédits et sources photographiques : Fondation Louis Vuitton/LVMH/ El Pais/The Guardian.

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