Populaire

“Populaire” était le succès français de l’année,  annoncé depuis déjà plusieurs mois ;  labels de spectateurs en tous genre, acteurs reconnus… Une bien grande publicité pour un film ne promettant rien de nouveau – ni du point de vue du sujet, ni du scénario, ou encore de la réalisation.

“Populaire” nous plonge dans la France des années 50, et nous entraîne dans une histoire d’amour entre une secrétaire maladroite et son patron, qui décide de l’inscrire à un concours de dactylographie.

 Les ressorts scénaristiques sont vus et revus, tout comme les gags, avec comme ligne directrice l’idée de croire en soi, quoi qu’il arrive- en somme, un véritable “feel good movie”.

 C’est donc un film très attendu, et dès le début , le déroulement et la conclusion  sont évidents.

“Populaire” n’est pas même sauvé par les acteurs, peu convaincants, particulièrement  Romain Duris qui, pour une raison obscure,  s’obstine à s’enfermer dans des comédies sentimentales niaises ; il paraît  empesé, ne crois pas à son rôle, et ne convainc absolument pas le spectateur comme patron appelant «mon chou» toute jeune fille passant à sa portée.

Cependant sa prestation n’est rien comparée à celle de Bérénice Béjo, dans le rôle de sa confidente, jouant complètement faux, à côté des émotions, et paraissant réciter son texte plutôt que  le vivre.

Déborah François quand à elle relèverait presque le niveau si elle n’abusait pas de moues censées nous faire comprendre son caractère d’ ingénue naïve.

Ce qui ressort de cette projection c’est une succession d’images fades, sans tonus.  Les acteurs eux-mêmes ne semblent pas croire à la qualité du film et s’enferment dans la facilité de représenter les années 50, époque en vogue en ce moment, dans la lignée de la série Mad Men; on pourrait même penser que le film devrait être tout autre, au vu d’une scène qui au milieu de ce film très conventionnel fait tâche, mais qui est réellement très intéressante, mélangeant deux références, l’une étant la scène de «Sueurs Froides» d’Hitchcock, lorsque la deuxième Madeleine sort, transformée, de la salle de bain, éclairée uniquement de néons bleus et rouges; l’autre étant une référence à «Pierrot le Fou» de Godard, dans l’alternance de filtres rouges et bleus lors de la soirée en tout début du film. Ces deux influences mélangées donnent lieu à une scène d’amour extrêmement sensuelle et belle, détonnant complètement avec le reste du film, et il est vraiment  regrettable que celui-ci ne soit pas tout entier dans cette veine.

Ainsi, “Populaire” est frustrant car l’on ressent la volonté, de la part du réalisateur comme des acteurs, de faire un beau film, possibilité qui est totalement absente par la facilité d’en faire un sans réelles ambitions ni recherches.
Si vous le ratez, ne vous inquiétez pas: il sera probablement très bientôt diffusé le dimanche soir sur France 2 ou France 3.

Sophie

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