Poséidon, ou le projet de musée sous-marin de Jason DeCaires

Après avoir exploré l’art terrestre et aérien, l’équipe d’Art/ctualité vous embarque cette semaine au fond de l’océan, à la rencontre du sculpteur Jason DeCaires. Si vous vous souvenez de la série qui passait il y a quelques années intitulée Le Caméléon, et bien nous sommes dedans ! Jugez plutôt son c.v : diplômé d’art, instructeur de plongée, naturaliste sous-marin, sculpteur et photographe. Et le mieux, c’est qu’il réussit dans tous ces domaines.

Sensible à la fois à l’art et à la protection de l’environnement sous-marin, lourdement touché ces dernières années par une pollution toujours plus présente, il décide, après ses études en Angleterre d’organiser son projet autour de l’impact de l’art dans son environnement extérieur. Sculpteur averti, ses modèles reprennent pour la plupart des attitudes, des poses et des gestes du quotidien, avec parfois des délires anthropomorphiques autour de créatures hybrides, touchant presque à la science-fiction.

Son Underwater Museum, il le voit comme un rapport nouveau entre le visiteur, l’objet et ce qui l’entoure. La galerie est le fond de l’océan, les visiteurs portent masques et palmes, et la sculpture sert autant à la réflexion, qu’à abriter algues, poissons et éponges. Le postulat de base repose sur la perception que l’on peut avoir de cet environnement sous-marin : tout le monde a déjà vu les images des fonds du Lac Qiandao en Chine, ou encore celles du site d’Heraklion en Grèce. Ces vestiges de cités englouties apportent à la fois mystère et interrogations, parce qu’elles sont, pour la plupart du temps, dans un excellent état de conservation. Ainsi dans la mer, la vision de l’art change complètement : désorienté par le cadre marin ou lacustre, le plongeur/visiteur casse mentalement sa propre image de la conservation, et de l’exposition de l’art dans les musées sur la terre ferme.

Cette symbiose entre art et nature s’articule parfaitement bien dans le cas du travail de Jason DeCaires ; son site internet regorge littéralement d’informations sur la faune végétale et animale des fonds marins qu’il exploite, et il propose un vrai discours pédagogique autour de ses œuvres, et de : comment il organise ses « expositions ». Visibles au large du Mexique, de Grenade, mais aussi dans les bassins de la cité de Canterbury, ses sculptures représentent l’intégration parfaite de l’homme dans son environnement naturel, avec un impact positif sur les écosystèmes locaux, puisqu’au fil des mois et des années, la faune à son tour s’approprie ses œuvres.

Il est tellement cool qu’on vous le garde au chaud, et qu’on remet notre combinaison en néoprène dès qu’il repart s’éclater au milieu des requins et des crustacés.
(Si vous mettez la BO du Grand Bleu en fond sonore, l’effet sera démultiplié par 100)

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