« Précieux vélins – Trois siècles d’illustration naturaliste »

Pour la première fois depuis sa création en 1793, le Muséum national d’Histoire naturelle expose près de 150 vélins sur trois mois, choisis parmi les 7000 exemplaires de la collection. Chaque mois, les vélins seront renouvelés en raison de leur fragilité, l’occasion de voir non pas une, mais trois expositions.

 

Cet ensemble composé de dessins naturalistes repose sur une technique commune : une représentation à l’aquarelle ou à la gouache sur une peau de veau mort-né (déso pour les défenseurs de la nature). Trois siècles d’observation attentive d’animaux et de plantes sont dévoilés, avec une précision infinie. Car il faut replacer le Cabinet d’histoire du Jardin des Plantes dans son contexte spatial. Une fois les portes franchies, le spectateur se retrouve en immersion totale dans un cabinet du XVIIIème siècle, avec le parquet qui grince, les moulures et bien sur les précieux vélins. Au cœur du Jardin des plantes, coupé de l’agitation parisienne environnante, le visiteur s’embarque dans une visite au cœur du détail, au plus près des merveilles de la nature.

Commencée sous Gaston d’Orléans (le frère de Louis XIII), l’aventure de cette collection est poursuivie par Colbert qui convainc Louis XIV de continuer l’élaboration de portefeuilles in-folio de sujets naturalistes. Les sujets dessinés passent ainsi progressivement du Château de Blois, au Jardin royal des plantes médicinales, la version old-school du Jardin des Plantes.

Constituée au début de sujets botaniques, la collection va s’étoffer avec la présence de sujets zoologiques pendant la Révolution française. Aussi variés qu’exotiques, ces vélins montrent tout le génie et la curiosité des scientifiques de l’époque. La production de vélins, ne va pourtant cesser de ralentir, jusqu’à s’interrompre complètement au début du XXème siècle, avec de rares productions par la suite.

Cette exposition, au-delà de montrer un des trésors les plus convoité du Cabinet d’histoire, nous permet de prendre un peu de recul sur nos moyens technologiques actuels (photographie et outils numériques) pour revenir à l’expression même de la technique : un support physique (ici le vélin) et un pinceau. Le savant minimalisme de l’exposition est d’une grande subtilité et les vélins qu’y s’y trouvent vous permettent de voyager en une fraction de seconde à l’autre bout de la Terre.

 

Exposition du 28 septembre 2016 au 2 janvier 2017

Cabinet d’histoire du Jardin des Plantes.

 

Crédits et sources photographiques : © MNHN, Dist. RMN/Tony Querrec

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