Quand le mur tombait, il y a 25 ans

Ce 9 novembre 1989, à Berlin, il fait froid. Il fait nuit et, dans les rues, des hommes se baladent, une masse ou un marteau sur l’épaule. Ceux qui croisent leur chemin n’ont pas peur, ils savent qu’ils ne sont pas là pour eux, mais pour cette construction qui défigure Berlin, depuis l’été 1961. Puis soudain, l’un d’entre eux lève le bras et l’abat violemment sur le mur. Dans un bruit métallique, une première fissure apparait. Le mur va tomber. Alors, à la sonorité des coups répétés viendront s’ajouter le violoncelle de Rostropovitch et le playback de Hasselhoff.

Mais est-ce tout ? La musique et le mur n’ont-ils pas une histoire commune plus grande que la beauté du concert de Rostropovitch et le malaise de la « performance » d’un ancien sauveteur de la plage de Malibu ?

Bien sur que oui ! Comme on pouvait s’y attendre, les artistes du monde entier ont utilisé le mur comme source d’inspiration, voire comme support. On y peignait, on y chantait. Avant sa chute, le mur a été au centre d’histoires amoureuses mises en musique. David Bowie et son superbe Heroes, déjà en 1977, nous contait l’aventure d’amoureux, heureux d’être réunis du bon côté du mur de la honte. Plus tôt, et moins connus, Milt Larsen et Richard Sherman, dans les années 60, chantaient satiriquement cet édifice de béton. Pour finir, on pourra citer les pionniers de la musique électronique, Kraftwerk, qui ont inspiré le Dancing on the Berlin Wall de Rational Youth en 1982.

Lorsque le mur tombe, Rostropovitch y improvise un concert, resté mondialement célèbre. L’image incroyable du violoncelliste jouant au milieu des décombres et des européens qui démantèlent le mur restera à jamais gravée dans nos mémoires, même si nous n’étions pas nés à l’époque.

Et puis, et puis… eh bien le mur est tombé et David Hasselhoff est apparu… Il a même affirmé avoir aidé à la réunification des deux Allemagnes, rien que ça… Comme s’il n’avait pas fait assez de mal à la musique et à la culture pop…

La chute du mur va donner un élan fantastique à la culture et à la musique. L’Europe de l’ouest découvre alors les talents cachés par celle de l’est : l’essor est considérable.
Dès 1989, Berlin trouve un nouveau souffle. Des festivals de musique émergent un peu partout dans la ville. La musique électro se trouve un berceau en Europe et les maisons détruites par la guerre sont le lieu de développement pour une contre-culture, la culture underground. La révolution culturelle née à Berlin s’étend à l’Europe.

Alors, la prochaine fois qu’on vous parlera du mur, citez plutôt Bowie, Kraftwerk, ou la nouvelle scène allemande, comme les jeunes de Cro et, on vous en supplie, laissez le chauffeur de la K-2000 au placard !

BONUS : https://www.youtube.com/watch?v=0zXiClnK8oE

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