Que ta volonté soit faite – Maxime Chattam (2015)

Encore une découverte littéraire pour moi avec le monde de Maxime Chattam, auteur français de romans policiers-fantastiques. Il jouit d’une assez forte réputation puisque certains n’hésitent pas à le comparer au King dont je vous parlais la semaine dernière. Je soutiens cette comparaison après avoir lu son dernier roman, Que ta volonté soit faite.

Le style et l’histoire ne font pas seulement penser au King. J’y ai également vu l’œuvre de John Irving, notamment son livre L’Hôtel New Hampshire, ainsi que le travail des frères Cohen dans Fargo. Trois références américaines pour un auteur français, c’est pas courant. Le bonhomme connaît bien les États Unis : il y fait de fréquents allers et retours, et connaît manifestement bien cette culture pour s’en imprégner.

Le livre est assez original. Le narrateur parle directement au lecteur à plusieurs reprises et nous prend à partie. Il dit parfois ignorer où ses personnages se trouvent, comme s’ils faisaient partie d’un monde dont il n’avait pas le plein contrôle.
Cet étrange narrateur nous raconte l’histoire de la petite ville du Midwest américain, Carson Mills hantée par un monstre au traits humains, Jon Peterson. La ville et ses habitants font les frais de sa colère envers le monde. Les événements s’enchaînent, sans toujours suivre une cohérence chronologique, et naviguent entre plusieurs personnages, dont un des principaux est le shérif de la ville. Le tout se passe dans les années 1960-1980.

Ce livre est un des plus durs que j’ai jamais lus. Le ton est donné tout de suite avec une scène de rare violence animale. Je le déconseille très vivement aux plus jeunes, même si vous êtes habitués à lire des romans noirs, attendez vous à quelque chose de vraiment très sombre. L’auteur écrit extrêmement bien, j’ai pris un grand plaisir à le voir disserter sur cette petite ville dans un style qui m’a ravie du début à la fin.

L’autre critère qui maintient le lecteur attentif, car le style seul est rarement suffisant, c’est l’enquête policière qui commence à la vingtième page, et se conclut à la toute fin. Le lecteur y tient une position étrange. Il suit toute la vie du suspect n°1, conjointement à l’enquête et à la vie personnelle du shérif. Nous voici impliqués des deux côtés, avec ce narrateur qui prétend ne pas être omniscient. Ajoutons à cela une conclusion très originale et inattendue, qui mérite la lecture du livre à elle seule.

Le tout est captivant : vous allez avoir du mal à décrocher, et le personnage de Jon va vous rester un moment en tête. J’insiste mais n’exagère pas, l’auteur peut être très explicite dans la description des passages les plus osés. Si ça ne vous fait pas peur, allez-y ! Ce n’est pas un chef d’œuvre, mais un bon roman -très- noir sur la culture américaine écrit par un gars bien de chez nous.

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