Regarder Turrell… A POILS !

La National Gallery de Canberra propose actuellement une rétrospective de l’artiste James Turrell, et offre également la possibilité aux nudistes de visiter l’exposition sans vêtement.

On pourrait croire à un coup de pub ou de bluff, ou un ingénieux plan marketing pour amener encore plus de visiteurs, ou pour faire réagir internet. Il n’en est rien ! L’organisation de ces trois visites naturistes est un bel et bien un réel projet. Plusieurs musées (Autriche, Californie) ont déjà fait le test, et ont ainsi offert la possibilité aux communautés naturistes de voir des expositions dans le plus simple appareil. Car après tout, tout le monde doit avoir accès à l’art…

L’artiste chargé des visites n’est autre que Stuat Ringholt, qui n’est pas inconnu à la nudité. Il a en effet mené plusieurs projets, au pays du kangourou, autour de la nudité, et a travaillé avec des artistes nus. Lorsqu’il explique le concept de ces visites naturistes, la démarche prend alors tout son sens.
Je ne sais pas si vous voyez ce que c’est Turrell ? Vous savez, ce sont ces grandes pièces baignées dans la lumière, ces espaces qui jouent avec les couleurs, les variations d’ombres et de lumière. Ringholt explique qu’un corps nu pourra alors pleinement ressentir l’atmosphère de la pièce colorée. Un corps sans vêtement est pareil à un mur blanc finalement. Les couleurs viennent danser sur la chair des spectateurs. La lumière enrobe les corps nus, et épouse chacune des formes des visiteurs. Chaque personne, présente à l’exposition, pourra ainsi saisir pleinement l’univers de Turrell, et sentira l’effet de chaque œuvre sur lui, directement. Débarrassé de toute couche de vêtement superflue, le spectateur sera à même de se voir changer sous l’effet des œuvres lumineuses de Turrell. Comme si, les pièces n’étaient faites que pour lui. Un privilège en somme.

Le public a toujours été curieux du nu dans l’art, ce projet permet de pousser le sujet de la nudité un cran au-dessus, et de rendre le corps semblable à un objet du processus créatif. Le spectateur a un réel rôle à jouer lors de l’exposition, son corps ne fait plus qu’un avec l’œuvre, et il est une partie inhérente au travail de l’artiste. Une expérience inouïe pour ces visiteurs privilégiés. Le corps s’adapte à chacune des créations, il est possible pour le spectateur d’expliquer chaque changement de couleur par une expérience unique, un ressenti personnel.

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