Retour sur la vente « Audiard » à Drouot

« Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre, tout le monde écoute ». Le Pacha, 1968

365 lots, issus de la collection du plus célèbre dialoguiste français, ont été vendus jeudi et vendredi derniers à Drouot, par la maison Pierre Bergé & Associés, pour la coquette somme de 473 739 euros. Un engouement teinté d’émotion, c’est le sentiment qu’a pu donner la dispersion de la collection Michel Audiard, le Dabe du cinéma. Celui qui s’est inspiré des conversations de comptoirs, du parler des chauffeurs de taxis parisiens, mais aussi de sa jeunesse et du phrasé de la rue de l’entre-deux guerre, pour sublimer les dialogues des géants du cinéma (Ventura, Blier, Delon, Gabin et les autres tanks du kinos noir et blanc), avait accumulé de nombreux trésors au terme d’une vie de passionné et de collectionneur. 

Le gouailleur à la pipe, et aux 176 paquets de cigarettes par jour, était un dingue de littérature et un amoureux des belles lettres. Parmi ses trésors se trouvait une édition originale de La Chartreuse de Parme de Stendhal datée de 1839, et adjugée 77 255 euros, et une autre édition originale en maroquin noir du célèbre Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, parti pour 21 931 euros. Audiard admirait l’auteur apocalyptique qu’était Céline, il étudiait ses livres et son vocabulaire pour son propre compte dans une passion débordante.

Surprenant record pour la vente, une de ses célèbres casquettes en tweed a été adjugée presque 4000 euros, soit 40 fois son estimation initiale ! Les inconditionnels de Michel Audiard sont repartis avec la quasi-totalité des objets qui se trouvaient dans sa maison de Dourdan : mobilier précieux, affiches, scénarios originaux, photographies, effets personnels ; celle-ci était plus une caverne d’Ali Baba qu’un simple pavillon.

Disparu en juillet 85, le Pacha aurait eu aujourd’hui dimanche 15 mai 96 balais. 

Crédits photo et sources : Pierre Bergé & Associés 

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