Retrait demandé par l’Ambassade d’Israël à Paris, le refus de Libération

Après l’exposition au Palais de Tokyo des fameuses unes customisées par des artistes en partenariat avec Reporters sans frontières, la vente est en suspens.

La vente initialement prévue le 27 janvier au profit de RSF est donc pour le moment entre parenthèses. C’est l’ambassade d’Israël à Paris qui a ouvert les hostilités avec Libération et la maison de ventes Artcurial. Le motif ? Une couverture du journal détournée par Ernest Pignon-Ernest… La liberté d’expression des artistes et de la presse ? À revoir.
Figure majeure de l’art urbain, l’artiste est mondialement connu pour ses silhouettes dessinées et collées à même les murs. Dans le cas de cette exposition, il s’est attaqué à la une du 12 novembre 2004 évoquant le décès de l’ancien leader palestinien Yasser Arafat. Ce jour-là Libération montrait un simple keffieh et titrait « Et maintenant ? » C’est sur cette couverture qu’Ernest Pignon-Ernest a dessiné en 2015 le visage de Marwan Barghouti, un activiste palestinien emprisonné en Israël depuis 2002 avec la légende : « En 1980, quand j’ai dessiné Mandela, on m’a dit que c’était un terroriste. »

Comparant l’image à un « projet terroriste », l’Ambassade a signalé son mécontentement et exigé son retrait en adressant un courrier sévère à Artcurial. La maison de ventes fait un ricochet de la lettre en s’adressant au journal, lui demandant d’enlever l’oeuvre de l’exposition et des catalogues. Le motif ? L’état d’urgence actuellement en vigueur et de potentiels désordres à l’ordre public. Refus de Libé qui, dans son bon droit, sort l’argument de la liberté de création…Alors que l’artiste se défend de toute provocation, la collaboration entre Artcurial, RSF et Libération est au point mort.

Affaire à suivre !

Crédits et sources photo : Libération/Ernest Pignon-Ernest/RSF

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