Révise tes classiques #2

Que vous inspire le mois de mai 1968 ? La grève, les manifestations et les lancés de pavés ? Pour ma part, je plonge dans le studio d’enregistrement londonien de Chappell. Pendant que certains s’opposaient aux gaullistes, d’autres préparaient des tubes et notamment un certain Initials B.B de Lucien Ginsburg. La belle Brigitte Bardot quitte son musicien à Almeria, et part en tournage (avec Sean Connery notamment), la rupture sera définitive.

Serge Gainsbourg met donc en musique celle qui l’a accompagné sur le titre Bonnie and Clyde en s’inspirant d’un poème de l’auteur américain Edgar Allan Poe : Le corbeau.

« Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus. »

La version française ressemble à ça :

« Une nuit que j’étais
A me morfondre
Dans quelque pub anglais
Du coeur de Londres
Parcourant l’Amour Mons-Tre de Pauwels
Me vint une vision
Dans l’eau de Seltz »

Des paroles ne suffisent pas, et, le célèbre compositeur décide d’utiliser le thème principal de la Symphonie n°9 d’Antonin Dvorak, communément appelée Symphonie du nouveau monde. Né à Prague en 1841 et mort dans la même ville 62 ans plus tard, Dvorak compose la Symphonie numéro 9 (qui portait le numéro 5 avant que l’on découvre ses autres œuvres), en 1893 aux Etats-Unis alors qu’il est directeur du Conservatoire de New York. L’utilisation du cor anglais attribue à l’œuvre un caractère singulier et reconnaissable, Neil Armstrong emporta par ailleurs, un enregistrement de cette symphonie lors de la mission Apollo 11.

La symphonie inspire des génériques de films, des jeux-vidéos ou encore des humoristes. Composée de quatre mouvements, c’est le deuxième qui est le plus populaire, et relatif à des mélodies indiennes, réorchestrés avec des moyens modernes. En écoutant vous penserez forcément à des films de guerre, à la peur des requins blancs, ou même si vous avez une bonne mémoire au Seigneur des anneaux.

La neuvième symphonie en mi mineur, est donc l’une des plus célèbres et surtout la dernière composition de Dvorak. Elle lui offre la notoriété et illustre les paysages américains, les plaines peuplées de Peau-Rouge ou, dans une toute autre mesure, le départ de celle que l’on appelait B.B.

Crédit photo : lesinrocks.com

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