Révise tes classiques #3

J’espère que vous aimez les poupées russes parce que vous allez être servis. Aujourd’hui nous nous intéressons à la Chevauchée des Walkyries, pour les cinéphiles c’est le thème musical d’une célèbre scène du film Apocalypse Now, et pour les plus dérangeants c’est l’un des thèmes musicaux préférés d’Adolf Hitler, évitons donc le « nostalgie quand tu nous tiens ».

Pour tout comprendre il faut remonter à L’Anneau de Nibelung, quatre opéras de Richard Wagner composés de 1849 à 1876. Wilhelm Richard Wagner compose et dirige des orchestres durant la période romantique. En musique, la période romantique constitue l’apogée de la symphonie, au XIXe siècle, l’Europe est un peu comme un couple devant un film de Hugh Grant, elle est très émotive. Elle dit au clavecin « tout est fini entre nous », et commence à faire des choses salaces avec le piano qui est, d’après elle, un meilleur coup. C’est une époque de liberté, chacun y participe pour donner un aspect local à ses compositions, une touche personnelle en tout point, de la vision instrumentale à la durée des œuvres.

Nous connaissons une quinzaine d’opéras à Wagner, dont le Vaisseau fantôme ou Tristan et Isolde. Pour le coup, Richard n’a pas fait le précoce, puisque L’Anneau de Nibelung dure plus de 13 heures. Richard c’est un peu comme le Bayern Munich, parce qu’il est partisan d’un « art total » en mettant à l’honneur un grand spectacle, dont la mélodie est continue et emploie le leitmotiv. Le dernier mot de ma phrase précédente est relatif à une formule récurrente, un leitmotiv est une phrase (musicale ou non), qui revient à plusieurs reprises dans le thème, un peu comme si je ponctuais l’article par des « I’m in love with the coco ». Le deuxième drame lyrique, constitué par L’Anneau de Nibelung, est La Walkyrie composée entre 1854 et 1856. Dans la mythologie nordique, les walkyries sont l’équivalent de Daenerys dans Game of Thrones, des guerrières pas très contentes, qui veulent défoncer tout le monde et servent Odin, le boss du rap game. Elles ont pour activité principale la guerre, et participent au voyage de l’âme des héros vers le Walhalla qui se trouve être le paradis des Vikings. En d’autres termes, elles tranchent la gorge de tout le monde, et pas seulement pour une raison de cycle menstruel.

Retour à nos poupées russes, puisque le troisième acte de l’opéra La Walkyrie est justement La chevauchée des Walkyries. Les guerrières reviennent du champ de bataille avec, non pas, « twenty dollars in the pocket », mais avec les âmes des héros morts ce qui, je vous l’accorde, est moins funky. Ce sont des guerrières vierges (logique parce qu’elles sont vraiment badass) qui assistent à la trahison de Brunnhilde, l’une d’entre elles.

Le 26 juin 1870, La Walkyrie est interprétée pour la première fois à l’opéra d’état de Bavière, contre la volonté de son compositeur, qui imposera un embargo sur les reprises futures. Il dirigera finalement son œuvre lui-même à Londres sept ans plus tard.

L’idéologie de Richard Wagner est proche de celle de Hitler, d’où l’utilisation de ses œuvres par la propagande nazie. Lors des informations, les victoires allemandes de la seconde guerre mondiale étaient d’ailleurs ponctuées par la chevauchée. Par ailleurs, l’air est devenu tellement célèbre qu’il arrive à s’extraire de son opéra d’origine.

Crédit photo : qobuz.com

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