Révise tes classiques #7

Plus intéressant qu’un reportage d’Arte, plus attendu que le prochain album de Garou, plus drôle qu’un spectacle de Chevalier et Laspales, voici la chronique aussi surprenante que taquine : Révise tes classiques ! Apprendre c’est bien, comprendre c’est mieux, et s’amuser c’est sympa. Si j’additionne ces trois concepts, eh bien la réaction est immédiate : je fais se lever les foules dans des hurlements stridents, et des « ne t’arrêtes pas je t’en supplie ».

Aujourd’hui, nous nous intéressons au plus célèbre des ballets remis au goût du jour le 9 février 2011, avec un film semi-érotique sur fond de schizophrénie : Black Swan. Du coup, vous comprenez que le classique du jour est « Le lac des cygnes ».

Tout d’abord, vous prenez un genre auquel vous accolez l’étiquette « dramatique ». Vous obtenez un genre dramatique si tout se passe bien. A l’intérieur de ce genre dramatique, vous insérez une action (de façon délicate bien évidemment, nous ne sommes pas en train de fourrer une dinde). Dès lors que votre action est prête, vous illustrez cette dernière par des danses et des gestes, représentatifs des sentiments et passions que vous appellerez pantomimes. Sans vous en rendre compte, vous êtes en train de créer, par le biais de votre imagination débordante, un ballet dont les origines remontent au XVe siècle, en pleine Renaissance italienne.

Saut dans le temps, nous atterrissons au XVIIIe siècle. John Taylor, chirurgien anglais effectue une opération des yeux sur deux compositeurs : Jean Sébastien Bach et Georg Friedrich Haendel. Résultat numéro un, Haendel finit aveugle. Résultat numéro deux, Bach finit aveugle. Résultat numéro trois, Bach ne s’en remet pas et meurt. Non, franchement c’est une belle performance !… A ce moment précis vous vous demandez quel est le rapport avec le ballet, et je vous réponds immédiatement : aucun j’avais juste envie de vous dire ça.

Eté 1875. Piotr Illitch Tchaïkovski est un compositeur russe de 35 ans. L’intendant du théâtre de Moscou, Vladimir Begitchev, s’adresse à lui :

« Wesh ça fout quoi ? »

« On compose, on compose, mais je galère un peu t’as vu »

« Tu veux pas me faire un ballet ? Genre, j’ai déjà un livret qui s’inspire de contes un peu chelous, toi tu ajoutes un truc un peu symphonique, nanana de la flûte, du tutu, de la bonne meuf…on fait vibrer le public quoi ! »

« Ok, mais je veux appeler ça Lebedinoïe ozero, et les gens comprendrons Lac des cygnes, et je compose le ballet en quatre actes. Ton chorégraphe Julius Reisinger, tu l’oublies ! J’aime pas trop sa gueule, et il galère trop avec moi, apparemment je suis trop compliqué pour lui. »

« Ca marche tu veux qui ? Kamel Ouali »

« T’es con, il est pas né »

« Ah oui c’est vrai »

Le 4 mars 1877, c’est la première du ballet. Pas terrible pour dire la vérité.

« Piotr ! Qu’est-ce que c’est que cette merde que tu m’as pondue là ! J’ai rien compris. »

« En gros, c’est l’histoire de Siegfried, un prince, qui va devoir choisir une épouse à l’occasion de son anniversaire. A la base, j’avais pensé à un maillot de Chelsea, mais l’épouse c’est classe aussi. Siegfried a le seum, parce qu’il voulait une femme qu’il aimait, et pas une inconnue dans un papier cadeau Fnac. Du coup, il part dans la forêt, grave « vener », et voit des cygnes à côté d’un lac. Le mec sort son arbalète, et là, BAM ! Une zouz avec des plumes blanches qui pop de nulle part. »

« Attend attend…une mademoiselle…mi cygne, mi Scarlett Johansson genre ? »

« Exactement ! Du coup ils commencent à danser, mais une belle danse hein, pas un vieux zouk love. En fait, la fille s’appelle Odette, et elle a été ensorcelée par Von Rothbart. Le jour c’est un cygne, et la nuit c’est une femme. Et le lac c’est les larmes de ses darons »

« Ah ouais, du coup faut la pecho avant l’aube sinon t’emballes un cygne »

« Attend laisse-moi finir ! Donc pour conjurer le sort, il faut l’épouser. On fait un truc bateau comme dans toutes les histoires hein ? Les gens n’y verront que du feu, et puis c’est comme ça dans le conte de toute façon. Ce que le prince ne sait pas, c’est qu’Odette a un sosie qui s’appelle Odile. Ce sosie est la fille du sorcier, et elle est habillée en noir. La nana se pointe à la soirée pour épouser le prince sauf qu’Odette débarque, et Siegfried capte qu’il a déconné parce que c’est pas la bonne »

« Et ça finit comment »

« Comme tu veux. Soit, on fait mourir le sorcier, soit on fait mourir Odette, soit on fait mourir tout le monde. De toute façon il y aura des adaptations pendant cent ans c’est sûr. Les gens choisiront. »

Le compositeur italien Ricardo Drigo reprend l’orchestration du Lac des cygnes en 1895, c’est cette version qui sera la plus utilisée, et donc la plus célèbre contrairement à l’originale de 1877.

Crédit photo : kiev.unblog.fr

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