Révise tes classiques #8

Plus bavarde que Ryan Gosling dans Drive, plus compréhensible qu’un chuchotement de Benjamin Biolay, moins long qu’un livre de Yann Moix, et plus logique qu’un discours de Nadine Morano, voici la chronique aussi délicieuse qu’outrancière : Révise tes classiques.

L’œuvre d’un fou. C’est ainsi qu’une spectatrice qualifia le Boléro de Maurice Ravel lors de sa première représentation le 11 janvier 1930. Pour comprendre la genèse de cette folie, convoquons Marty afin de faire un saut dans le passé comme il est coutume de le faire dans cette chronique.

Nous sommes en 1927, Maurice est âgé de 52 ans, et ne se doute pas encore qu’il lui reste dix années à vivre. Certes c’est fataliste, mais c’est comme ça. Cependant, il vit son bonhomme de chemin et bénéficie d’une renommée européenne, voire internationale. Contrairement aux autres, il préfère opter pour des collaborations artistiques, plutôt que de participer à la soirée du Axe boat, montrer son doux visage à Cannes, alors qu’il n’a rien à y faire ou « visiter » Amsterdam. Oui, parce que les gens qui reviennent de vacances en disant « nous avons visité Amsterdam c’est très sympa il y a plein de vélos », ont encore les yeux rouges et des images salaces plein la tête.

Ida Rubinstein, danseuse et mécène russe, demande à son ami Maurice de lui composer un ballet. Pour couronner le tout, elle aimerait qu’il ait une senteur tapas et la fougue d’une corrida. En d’autres termes, un ballet espagnol. Dans un premier temps, Maurice aurait pu lui répondre « tu as raison ma Brenda faut pas se laisser aller, j’ai plus important à faire que composer pour trois gugus en collant, qui s’entraînent sur Andalouse de Kendji.». Contre toute attente, Kendji n’étant même pas à l’état de projet à cette époque, Maurice accepte immédiatement et lui propose une gentille douille. Il se dit, tient on va créer le ballet Fandango qui sera une adaptation d’Iberia d’Isaac Albéniz. Malheureusement pour la flemmardise de notre bon vieux Ravel, cette œuvre n’était pas libre de droit.

C’est ainsi que Maurice entame la composition de ce qui sera le célèbre Boléro, une danse traditionnelle andalouse, lorsque un matin Enrique Arbos, disciple d’Albeniz et propriétaire des droits d’Iberia, sonne à sa porte et accepte de lui céder les droits. C’est un peu le principe du fameux « mais fallait me dire je t’aurais donné le mien je ne m’en sers pas », qui s’applique à de nombreuses situations contemporaines. Après un refus teinté de politesse, mais qui sentait un peu le seum, Maurice poursuit sa composition. En octobre 1928, le Boléro est au garde à vous pour sa commanditaire russe Ida Rubinstein.

L’œuvre est donc un ballet pour orchestre en do majeur, et  se caractérise par une mélodie répétitive qui s’accentue peu à peu sur le plan sonore. Un crescendo quoi. Si vous ne comprenez pas, allez dans les réglages du vibreur de l’Iphone et sélectionnez crescendo, j’ai pas le temps là.

C’est aujourd’hui l’une des œuvres les plus interprétées dans le monde, mais ce n’est évidemment pas la seule de l’immense compositeur qu’est Ravel. Nous lui connaissons notamment le Concerto pour main gauche, composé pour un pianiste autrichien qui avait perdu son bras droit pendant la guerre.

Crédit photo : classicalcomposers.biz

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