Révise tes classiques #9

Aussi sulfureuse qu’une étreinte d’Eva Green, aussi dangereuse que quatre minutes dans la fosse d’un concert de Major Lazer, aussi attendue que la tournée de Doc Gynéco, et bien moins pénible qu’un « please mind the gap between the train and the platform » voici la chronique historico-musico-comique « Révise tes classiques » ! Tadaaaaaaa !

Une côte fêlée et une déshydratation dans la poche, nous avons quitté l’Olympia, Diplo et ses comparses heureux mais fatigués. Pas de panique, c’est motivés que nous vous retrouvons ma double personnalité et moi-même, pour une nouvelle présentation d’un classique que vous ne connaissez pas vraiment, bande d’incultes. Aujourd’hui, petite plongée dans les synapses miraculeuses de Giuseppe Verdi pour La Traviata.

La Traviata

Part One, lesson 1 : L’idée du bail de ouf
Le 10 octobre 1813 est un jour comme les autres. Giuseppe Verdi naît dans l’indifférence la plus totale et pourtant, ses opéras marqueront l’histoire de la musique à tout jamais. Encore plus que Lafouine.

A l’âge de 39 ans, il est frappé par l’adaptation possible du roman d’Alexandre Dumas “La dame aux camélias”. Aussitôt il décide d’en faire un opéra. Oui, parce qu’il faut savoir que Giuseppe n’est pas du genre à hésiter, comme vous, entre un Big mac et une boite de nuggets pendant 5 minutes, lui c’est le genre de mec qui sait que tu éternues en Fa majeur, et décide de faire un opéra comme toi tu décides de tenter une mayo maison pour la énième fois.

Part One, lesson 2 : La création du bail de ouf

L’impresario du Teatro San Benedetto et le secrétaire de la Fenice s’approche de Verdi pour qu’il se magne un peu à composer des œuvres. Le type est bon mais c’est parfois une feignasse. Marie Escudier, l’éditeur parisien lui fait parvenir le livret de l’œuvre de Dumas, et Verdi se lance dans la composition de La Traviata. Le terme signifie “la dévoyée” ce qui correspond à l’éloignement de la droiture morale de la part d’un individu d’après le dictionnaire sur mon bureau. A l’origine, Verdi compose la Traviata et transpose l’œuvre dans une époque contemporaine. Cet aspect est refusé par la Fenice qui éloigne le récit de 150 années en arrière pour éviter toute censure potentielle. Sur le coup Giuseppe n’est pas très content, il tape du poing sur la table et s’énerve tellement que l’œuvre à lieu finalement 150 années en arrière.

Part Two, lesson 1 : Mais euh…le bail de ouf là ? Il parle de quoi ?

Paris. Milieu du XIXe siècle. Violetta Valéry fait vibrer de nombreux hommes et participe à de nombreuses soirées sans pour autant se taper tout le quartier. Un soir, elle fait une nouvelle victime, le tout sans aucun filtre d’amour (certains diront qu’elle a des arguments), en la personne d’Alfredo Germont jeune provençal plutôt beau gosse. Il est différent. Elle tombe immédiatement amoureuse de ce grand brun mystérieux, parce que de l’Antiquité à nos jours il a souvent été de bon ton d’apprécier les grands bruns mystérieux, Simone Weil, les crêpes au Nutella et l’abolition de l’esclavage. Au final elle l’aime, elle l’adore, c’est fou comme elle l’aime. Bien évidemment, les belles histoires sont relativement pénibles donc il faut ajouter un peu de piment…

Le père d’Alfredo rencontre Violetta et lui dit clairement que son fils mérite mieux qu’une version low cost de Nabilla. Issu d’un milieu bourgeois, Alfredo ne peut se montrer en compagnie d’une demoiselle dont les descendants chanteront en espagnol sur Disney Channel. A contrecoeur (et surtout parce que le père d’Alfredo a le regard de Samuel L Jackson dans Pulp Fiction) Violetta rompt avec son amant. Pour couronner le tout, la jeune fille, déjà atteinte de la tuberculose auparavant, voit son état s’aggraver. Finalement, Alfredo apprend la vérité par son père avec une phrase du genre “J’ai fait le con je t’invite au jap”, mais c’est insuffisant pour se faire pardonner par son fils. Alfredo se sent autant trahi qu’un président qui découvre le livre de son ex-femme, il court au chevet de sa bien-aimée et les pulsations de leurs cœurs amoureux se coordonnent une nouvelle fois.

Non je déconne, elle meurt de la tuberculose à la fin de l’histoire. Mais ça aurait pu être pire si elle avait pu sortir en cachette avec le père d’Alfredo et se faire surprendre. Enfin non, ça n’aurait pas pu être pire que cette mort lente et douloureuse dans les bras de l’être aimé, mais bon vous voyez le truc quoi…

Part Two, lesson 2 : La mise en œuvre de la musicalité dans une œuvre du XIXe siècle et les conséquences médiatiques engendrées par une diffusion multilatérale.

Maria Callas, Renatta Scotto, les plus grandes cantatrices se sont succédé pour interpréter le rôle de Violetta qui nécessite un certain talent, et une voix de Soprano à la partition relativement complexe. Cet opéra en trois actes de 1853, sur un livret de Francesco Maria Piave, n’a pas trouvé le succès qu’il escomptait lors des premières représentations. Avec le temps, il s’est imposé comme l’une des œuvres les plus célèbres du XIXe siècle et l’un des piliers de la « triade » de Verdi.

Une adaptation contemporaine comme l’aurait souhaité Giuseppe s’il était contemporain de Jay-Z et Beyonce.

Crédit photo : operaelirica.com

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