Revoir Paris : l’exposition qui va vous donner un autre regard sur notre capitale…

Depuis le jeudi 20 Novembre se tient l’exposition « Revoir Paris » à la Cité de l’Architecture.
Elle met en scène les planches de bandes dessinées de François Schuiten (issu d’une famille d’architecte) et Benoît Peeters (un écrivain et scénariste fan de Tintin), connus pour « les cités obscures ». Car oui, la BD a toujours entretenu des liens privilégiés avec l’architecture.
Les auteurs font dialoguer un futur « antérieur et apocalyptique » de Paris, prenant en compte les dessins et projets d’urbanisme conçus pour la ville lumière depuis plus de deux siècles. Ces planches issues de « revoir Paris » sont confrontées à une évolution chronologique des grands mouvements de l’architecture du XIX et XXe siècle.
L’histoire met en scène un Paris du XXIIe siècle, où Kârinh, une jeune femme issue des colonies spatiales tente de reconstituer la ville lumière à partir de quelques images.
L’exposition, même si elle est courte, n’en reste pas moins intéressante : celle-ci est divisée en 9 parties, allant d’un Paris qui s’ouvre sur le monde, à la transformation de notre capitale en ville-monde.

Dans la partie « métamorphose capitale », on a l’image d’une ville en perpétuel changement sans doute lié au contexte d’une Révolution Industrielle : elle fut constamment embellie, grâce entre autre à un éclectisme architectural. On peut penser par exemple, aux projets proposés après l’incendie des Tuileries de 1871, où Lheureux voulut créer un temple, mélangeant les influences de l’art Asiatique et du temple Aztèque, intitulé « Monument à la gloire de la République Française ».
« Au temps d’Haussmann » nous montre un projet spontané, sans dessin préparatoire, où l’action brutale souleva la colère des Parisiens qui qualifièrent Haussmann « d’éventreur ». Néanmoins, on constate sa réussite architecturale puisque grâce à cela nos rues sont régulées et hiérarchisées, ce qui contribue, sans aucun doute, au charme de la capitale.
L’exposition nous rappelle d’ailleurs, l’importance des progrès de l’industrie, mise en scène par les 5 expositions universelles présentées entre 1855 et 1900 : si l’exposition de 1889 nous a apporté la Tour Eiffel, celle de 1900 a permis la construction du Grand et du petit Palais, accueillant à l’époque 51 millions de visiteurs.

Ce qui est intéressant, c’est de voir ce que Paris aurait pu être au niveau architectural : par exemple, il y a ce projet impressionnant de Schuitten en 1994 concernant la station métro des Arts et métiers, conçu comme une sorte de « Nautilus souterrain ». Cela nous renvoie forcément aux entrées de métro style Art Nouveau, conçues par Hector Guimard aux alentours de 1899.

Avec la montée en puissance de New York, et l’invention des buildings à travers l’école de Chicago, le spectateur peut s’inquiéter de l’avenir du « Grand Paris ». En effet, il y eut de nombreuses suggestions au début du XXe siècle qui proposaient une ville à l’image des Etats-Unis : de nombreux buildings. On peut d’ailleurs penser au projet raté des du forum des halles de Baltard.

Même si l’exposition est courte, nous ne pouvons que vous recommander d’y aller : cela permet de mieux connaître l’histoire architecturale de Paris.
Avec les planches de Shuiten et Peeters on a l’image d’une vie fantasmée par Jules Verne, ou Robida, mais le constat est relativement sombre : certes, la technologie et les moyens de transports sont développés, mais c’est au prix d’un univers sombre et cauchemardesque, comme si le « Brazil » de Terry Gilliam était passé par la…

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