Reza : L’Iran autrement

Mohammad Reza Domiri Ganji est un type incroyable. Après l’avoir aperçu dans le circuit, avec ses clichés sur les paysages iraniens qui étaient à pleurer, il revient avec une série de photographies sur l’intérieur des mosquées de son pays, l’Iran. Pour une fois qu’un artiste de ce pays explose dans la nébuleuse qu’est internet on va en profiter et ne pas le lâcher. Agé de 23 ans, ce passionné à traîné son Canon et son œil d’expert, parmi les lieux de culte les plus beaux du Moyen-Orient. Son sujet, on peut le dire, tombe à pic car il a une fâcheuse tendance à adoucir les mœurs, de ceux qui voient l’Iran comme un pays étant dans le Top 1 de l’Axe du Mal. Assez parlé politique, observons donc de plus près son boulot. Tout commence par une balade, une sorte de repérage visuel, les mains dans les poches dans les mosquées. Lumière, symétrie, motifs, matières, histoires, tout est passé au crible pour définir le meilleur point de vue photographique du lieu. Ensuite, ça se complique un peu plus ; de sa meilleure plume il demande aux instances religieuses une autorisation pour pouvoir ramener son trépied et son appareil.

Et c’est là que la magie opère, et l’image devient kaléidoscopique, vertigineuse, où tout se confond, motifs et couleurs, ou au contraire, se détache et embrasse l’espace de façon déconcertante. Agissant comme un scientifique, il tente par là de créer une sorte de fond iconographique unique, une base de données artistique et mystique, pour les générations à venir, dans une sorte de démarche de préservation des biens culturels de son pays.

En analysant son travail, on comprend que tout est minutieusement calculé, et que le hasard n’a aucune place dans ses séries (Landscapes, Architecture, Little Planet). Que ce soit le mode de photographie : fish-eye / panorama / grand angle, il choisit avec une grande précision sa manière de prendre ses clichés, avant de les passer à la moulinette de la post-production, et en faire les chefs d’œuvres que l’on peut voir. Quand j’ai vu pour la première fois ses images, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à l’exposition Maroc Médiéval au Louvre. A son échelle de jeune photographe, il a su saisir une beauté qui va au-delà du simple aspect visuel de ces lieux plusieurs fois centenaires. Contrairement au musée parisien, qui s’est englué dans des photos « bateaux ». Œil géométrique voir mathématique, il apporte un contenu nouveau à nos yeux d’occidentaux, un contenu invisible par rapport au contexte géopolitique ambiant. Heureusement pour nous, son site est en train de devenir une adresse incontournable, et il est présent (et actif) sur les réseaux sociaux style Facebook, donc ultra accessible. Son adresse email perso et son portable sont en ligne pour le contacter à propos de ses projets, fait suffisamment rare pour être souligné ! Alors on prend 10min et on se cale devant ses photos stratosphériques, en prenant soin d’éplucher ses galeries pour découvrir un monde dont on ne soupçonnait pas l’existence.

Site internet de l’artiste

Crédits photographiques : Mohammad Reza

Titres et lieux des photographies présentées :
• Mosquée Nasir Al-Mulk (la mosquée rose)
• Mosquée du Shah, Ispahan
• Mosquée Seyyed, Ispahan

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