Saga Africa et vol de bijoux

C’est dimanche que se terminait la célèbre foire Art Paris Art Fair, qui cette année a mis à l’honneur l’Afrique. On y était, on vous raconte.

APAF c’était plus de 130 galeries pour une trentaine de pays représentés. L’Afrique était honorée,  et cela permettait ainsi de lui ouvrir la voie sur le marché de l’art contemporain où son existence n’est encore pas assez évidente. 

Quelques galeries africaines étaient donc présentes sous la nef du Grand Palais, venant du Cameroun, du Maroc, d’Angola ou encore de Côte d’Ivoire. Les artistes, originaires du continent africain, et leurs oeuvres exposées, donnaient une vue d’ensemble sur la création artistique des pays de ce continent. Même les galeries de renommée mondiale ont joué le jeu et ont mis en avant les créations de leurs artistes africains, comme la Galerie Daniel Templon qui a présenté Omar Ba ; ou ADN Galeria qui a exposé Kendell Geers. 

Oui l’APAF n’est pas la FIAC ! Cependant, la foire a pourtant réussi à tenir le pari qu’elle s’était lancé de représenter le marché de l’art africain, et les événements qui entourèrent la foire ont su le prouver. Le Quai Branly s’est également mis à l’heure africaine, le festival de la Villette aussi, et bientôt l’IMA célèbrera le continent. Paris, qui n’a que trop tardé à tourner son regard vers le continent africain, tente de rattraper le temps perdu en mettant en lumière sa création artistique. APAF célèbre ces artistes qui, avec le soutien d’internet et des nouveaux moyens de communication, ont su s’exporter et se faire connaitre, et sont parvenus à travailler à l’étranger. La foire a su redonner sa place au continent. Parmi toutes les galeries exposées, quelques-unes ont retenu notre attention.

Focus

On vous parle tout d’abord de la galerie Art Twenty One. Cette galerie a fait le voyage spécialement de Lagos (Nigeria) pour présenter les photographies de Namsa Leuba. Cette artiste, est très en vogue sur la jeune scène artistique africaine, et son travail questionne l’identité africaine et l’art. L’artiste elle- même issue de différentes cultures, essaye, par son oeuvre, de mettre en exergue le chemin qui  s’ouvre quand plusieurs cultures se mêlent.

Nous avons également beaucoup aimé le travail de la galerie WHATIFTHEWORLD (Cape Town) qui proposait un Solo Show de l’artiste Mohau Modisakeng. Son travail est puissant et ses oeuvres vous transpercent littéralement. 

On a tout autant apprécié l’initiative de la MO. J Gallery qui dévoilait le travail de l’artiste J Young. Ses oeuvres étaient mises en résonance avec une toile d’Houston Maludi, un artiste congolais. La galerie exposait pour la toute première fois à l’APAF, et plus généralement en France. Sa volonté de faire dialoguer deux cultures, qui paraissent si éloignées, a été réussie car on ne peut s’empêcher de relever les ressemblances entre les travaux des deux artistes. Ceux-ci sont à la recherche d’un essentiel et livrent une oeuvre forte. Les deux toiles se répondent et livrent un message commun. Le désir de faire dialoguer les deux cultures dans le cadre de la célébration de l’Afrique est une réussite, et nous avons tout particulièrement admiré cette volonté et ce parti pris, qui est plein d’audace dans le cadre d’une foire parisienne.

En effet, trop souvent les grosses foires ne se « risquent pas artistiquement » et peu de stands choquent, dénotent ou même osent. Cette édition d’Art Paris Art Fair a su prouver le contraire. Les jeunes et nouvelles galeries n’hésitent pas à changer la donne, les artistes émergents n’ont pas peur d’exprimer leurs idées. 

Bien que la manifestation se soit close sur un vol de bijoux lors du démontage, ce n’est pas ce qui nous a marqué, mais bien la célébration de l’Afrique et la mise en lumière de la scène nouvelle africaine. Une édition en somme réussie, avec de belles galeries et une sélection d’artistes bien sentie. Et toujours de belles découvertes. L’Afrique était bien présente, les stands colorés, et la visite de la foire sous le soleil chaud de la verrière du Grand Palais nous ont presque fait croire que l’on voyageait et que le temps s’était arrêté. 

On ne sait pas vous, mais on a déjà hâte d’être à l’année prochaine !

Crédit photo : WHATIFTHEWORLD

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