Samantha Cristoforetti : Comme une étoile

« Tu trouves que la Terre est belle ? Elle est plus belle vue de là-haut » – Elie Yaffa

Après quelques découvertes d’artistes sur Terre, prenons cette semaine un petit peu de hauteur pour nous percher aux côtés d’une astronaute italienne qui fait tourner la tête aux amateurs de photographie aérienne. Née en 1977 à Milan, Samantha Cristoforetti révise ses cours de maths et de biophysique devant l’intégral de Star Wars avant de présenter une thèse quelques années plus tard sur le propergol (un produit de propulsion pour les moteurs de fusées) et l’aérodynamisme. Un doux programme qui doit forcément vous plaire. Après une visite éclair aux Etats-Unis et en Allemagne en 2001 pour parfaire sa connaissance des langues, elle obtient son master en ingénierie spatiale à Munich et pose (enfin) ses bagages à Toulouse, à l’Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique et de l’Espace. Ah oui ! Là, elle écrit un autre mémoire sur un propergol solide (voir plus haut). Les dernières lignes de son CV la place directement dans le Top 5 de Linkedin : la Russie, le froid, la physique et après Naples, la chaleur, les pizzas au feu de bois, 500 heures dans l’armée de l’air italienne et la voilà capitaine et candidate au poste de cosmonaute. Elle est la seule femme à être sélectionnée avec 6 autres membres parmi 8000 candidats. Rien que de l’écrire, ça me donne mal à la tête !

On est tombés sur son blog de l’Agence Spatiale Internationale et on a été forcés d’admettre que le talent n’a pas de limites. Samantha Cristoforetti nous dévoile son « quotidien » (j’hésite à placer une dizaine d’autres guillemets) à travers des reportages sur son entraînement et ses missions. Comme une vraie journaliste, elle pose sur les choses un regard particulier, professionnel, mais toujours agrémenté d’une pointe d’humour (selfies, tea-time après 8h sous l’eau, grosse marrade dans la plus grande centrifugeuse du monde, etc..). Cependant, c’est une fois dans l’espace, à flotter le nez collé à la stratosphère, que son talent s’exprime le mieux. Photographiant et tweetant depuis la station Soyouz, elle nous dévoile des clichés jamais vus de notre planète qui nous filent la chair de poule.

Mitraillant le globe, elle capture des images incroyables : pas de Corne de l’Afrique ou d’archipel japonais, mais des clichés parfois indéchiffrables, dans lesquels les villes s’effacent au profit d’étendues de matières colorées, jouant avec la lumière et les reflets pour troubler notre perception. De temps en temps, une topographie connue nous replace dans le contexte terrestre, mais sans ces repères, les clichés de Samantha Cristoforetti pourraient parfaitement être assimilés à des photomontages pour un film de science-fiction ou aux délires d’un artiste contemporain. La valeur ajoutée de son travail est une description rapide mais terriblement efficace de ce qu’elle prend en photo et du matériel qu’elle utilise. En effet, pour accompagner ses images, l’artiste met à notre disposition des cartels spécialement conçus pour expliquer l’aspect technique de son travail (surtout sur son Flickr). C’est juste d’une rareté absolue d’avoir accès à ce genre de détails et ça ne fait que confirmer un travail minutieux et sérieux.
Perdez-vous dans les nuages, ça ne peut pas faire de mal.

Site avec les différents comptes utilisés par Samantha pour publier ses photos.

Crédits photographiques : Samantha Cristoforetti

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