Save the date : « Drawing in silver and gold : Leonardo to Jasper Johns » à partir du 10 septembre au British Museum

S’il y a bien une exposition à réserver sur vos agendas pour l’automne, c’est bien cette rencontre autour du dessin à la pointe de métal, de l’autre côté de la Manche. Petit retour sur une époque où il n’y avait ni palette graphique, ni logiciel de retouches, mais simplement un stylet métallique et une feuille.

C’est un dessin fantomatique, regorgeant de détails d’une précision infinie, où la finesse des traits oblige l’œil humain à opérer un effort considérable pour rentrer dans l’image. Médium préféré de la Renaissance, cette technique utilisée dans toute l’Europe, permettait aux artistes de créer des figures de très haute résolution –impossible à faire avec de la pierre noire- avec l’aide d’une fine tige d’argent, de plomb, ou d’or, qui était grattée sur une feuille de papier imprégnée d’une substance abrasive. La pointe métallique offrait alors aux artistes la possibilité de travailler une « certaine pâleur » liée à ce médium, allant du gris au marron-clair, ce qui n’est pas dingue comme palette. Cette limitation dans le choix des couleurs offrait cependant d’autres avantages, comme celui d’obtenir la quasi-totalité de rendu des matières textiles, métalliques, et organiques avec un sens du détail jamais vu auparavant.

Cette exposition est le fruit de la collaboration entre deux institutions artistiques, la National Gallery of Art de Washington et le British Museum. Présentée aux Etats-Unis jusqu’au 25 juillet, elle prendra le chemin de l’Angleterre pour la rentrée, après avoir connu un succès considérable dans la capitale américaine. « Drawing in silver and gold » rassemblera, à deux heures d’Eurostar de Paris, une centaine de dessins allant de 1390 à 2013, avec un volume plus important après le XVIe siècle (la principale raison étant qu’à cette époque le papier était moins cher, et oui ! il est toujours question d’argent dans l’art). Les Flandres seront représentées par Van Eyck et Van der Weyden (entre abstraction de la ligne et hyper-réalisme), l’Allemagne par Dürer et Holbein (imagination débridée + maîtrise absolue de la technique), et l’Italie par Léonard de Vinci. Le cas du florentin est particulièrement intéressant. Formé par Verrochio qui était à la fois peintre et orfèvre, il n’a cessé durant toute sa carrière d’utiliser cette technique dans ses études autour du corps, ciselant la matière et perfectionnant ses ombres…

Plus loin dans la chronologie, les œuvres d’Holman, Dix, Arikha et Johns viendront enrichir ce rassemblement de chefs d’œuvres par la reprise de cette technique à la pointe de métal, que l’on peut voir comme la volonté pour ces artistes du XIXe et XXe siècle, de faire perdurer et de transmettre ce goût pour la complexité picturale.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur l’exposition et sur la technique de la pointe de métal :

« Drawing in silver and gold : Leonardo to Jasper Johns », du 10 septembre au 6 décembre 2015 au British Museum de Londres.

Crédits et sources photographiques : British Museum/National Gallery of Art/Princeton University

Press/The Guardian/Art Eye Witness.

Les commentaires sont fermés.