Scopitone // Digital Week – Retour vers le futur à la nantaise

PRÉAMBULE

Habituellement, le surnom de « Ville Lumière » est attribué à Paris. Pourtant, du 17 au 27 septembre, c’est la ville de Nantes qui s’est parée de projecteurs, de néons et d’accès aux plus hautes technologies, et ce, à l’occasion de la Digital Week, le rendez-vous des cultures numériques (2èmeédition). Au sein de cette programmation 3.0 : la 14ème édition de Scopitone, festival de création et d’innovation numérique, sous la houlette de Stéréolux, sur laquelle nous ferons un focus. La Digital Week 2015 : une programmation culturelle qui pendant plusieurs jours, illumine la cité nantaise et accueille spectacles, démonstrations, workshops et conférences autour de la problématique contemporaine : prouver que le numérique fait partie intégrante de la culture, aujourd’hui. Un challenge relevé avec succès si l’on en croit les taux de fréquentation, qui témoignent que l’activité culturelle se développe au-delà de la capitale.

PART I – OPENING DE LA DIGITAL WEEK

Pour inaugurer cet événement, 20Syl (que l’on connaît par Hocus Pocus ou C2C, figures dynamisantes de la scène électro nantaise depuis plusieurs années), et le designer Aurélien Lafargue, ont mis en place un système de mapping sur les remparts de l’emblématique Château des Ducs de Bretagne. « Mapping » vous dites ? Ce système de projection live permet d’appliquer une image sur un volume. L’Echappée, telle était nommée la performance, alliait création sonore de l’un des acteurs, et création visuelle du second, le tout en live à la tombée de la nuit ! Intégrée à la programmation de Scopitone, elle se personnifiait donc en une opération très esthétique, qui a su justifier de la comptabilité patrimoine historique/art digital. La façade Nord du monument n’en étant que plus sublimée.

PART II – LA DIGITAL WEEK, RENDEZ-VOUS DES ACTEURS DU NUMÉRIQUE

Nous qui pensions être des geeks chez Art/ctualité, on a vite compris qu’on ne maîtrisait pas grand-chose lorsqu’on a fait le tour des animations. Fairplay ? Plus que ça. Réalité virtuelle, Occulus Rift (non ceci n’est pas une formule magique), objets connectés, séminaires d’innovation numérique, chercheurs de jeux vidéo… la Digital Week mérite bien son nom !

Tout un programme pour amateurs, professionnels, et même novices, qui permet de comprendre les enjeux vers lesquels notre société (et la culture !) vise à tendre aujourd’hui. Jetez un coup d’œil à la programmation pour en avoir la preuve : http://www.nantesdigitalweek.com/evenements-2015/

Evidemment, on n’a pas eu le temps de tout faire… peut-être est-ce là d’ailleurs la preuve que la ville devrait d’avantage inclure cette spécificité dans son calendrier annuel, afin d’assoir sa notoriété dans ce domaine. Car selon Johanna Rolland, Présidente de Nantes Métropole et maire de Nantes, dans l’édito de l’événement: « Le numérique constitue un des grands défis contemporains  […] il s’impose partout et réinterroge notre façon de vivre ensemble. Une prise de conscience a réellement émergé en France et évidemment dans notre métropole, pionnière sur cette question. »

So… « Big up » aux villes de province qui savent s’imposer de la sorte sur la scène nationale culturelle, comme Lille avec son projet Lille 3000. Plus besoin d’être à Paris pour suivre l’actu culturelle !

Et mention spéciale à l’Ecole de Design Nantes Atlantique, dont les étudiants en master proposaient aux familles quelques expériences immersives pour faire comprendre les nouveaux enjeux de l’interactivité dans notre mode de vie de demain. Si votre enfant passe son temps à vous piquer votre IPad, que votre petit frère est toujours scotché à ses jeux vidéo… pas de panique ! Rien n’est perdu, bien au contraire ! Le numérique est aujourd’hui un outil au service de l’apprentissage : des activités proposées dans différents lieux aux alentours de Nantes ont su convaincre des parents !

PART III – SCOPITONE VERSION JOUR…

14 ans donc que le Scopitone met en lumière Nantes et ses alentours, et pour la deuxième année consécutive, au sein de la Digital Week. Une valeur ajoutée, très certainement, pour faire valoir les cultures transdisciplinaires. Inventif, créatif, immersif, sont les qualificatifs primordiaux du festival. Jour et nuit, du 15 au 20 septembre, des œuvres numériques interrogeaient les publics, et ont fasciné petits et grands dans divers espaces culturels de la ville : du Stéréolux, porteur du projet, aux lieux insolites comme le passage Sainte-Croix ou l’Orangerie du Jardin des plantes, en passant par des lieux étudiants apprêtés pour l’occasion. Des parcours, au cœur de la ville, qui éveillent la curiosité et tentent de changer le regard des citoyens sur  l’électronique, et particulièrement le numérique, souvent qualifié d’importun et qui soulève des débats sur la sphère privée.

Outre son parcours d’exposition présentant les œuvres de –entre autres-  JOO MOON,  ROBYN MOODY ou NONOTAK , la programmation Jour de Scopitone soulevait des interrogations sur le concept de « ville intelligente », d’« interface » et de « sensible »pour les plus qualifiés, avec également une performance remarquée signée Ben Frost et MFO. Mais pas question d’oublier le public «jeunesse», à qui l’on proposait des ateliers ludiques, le ciné-concert intriguant (Alice et Gulliver de Wilfried Thierry), ou encore le délicieux OKONOMIYAKI, produit par l’Armada (Rennes), dite « omelette » musicale et pédagogique.

PART IV – Le Nuits Electroniques : SCOPITONE VERSION NUIT

Au cœur de l’Ile de Nantes se postent les nefs, qui abritent les désormais célèbres « machines », une sorte de parc d’attraction mi Léonard de Vinci, mi Jules Verne, où inventions farfelues et animaux robotisés donnent un sens à l’expression de « jungle urbaine ». C’est entre ici et le Stéréolux (fab-lab ultra connecté, et réputé dans les cultures émergentes), qu’ont lieu les Nuits Electroniques, où la face nocturne de Scopitone secoue les acteurs de la culture, et tout curieux de l’univers numérique. Car la programmation électronique n’a rien à envier aux soirées parisiennes. Ainsi, Scopitone se paye le luxe d’accueillir les talentueux et internationaux Marek Hemmann, Sam Paganini, ou encore Boris Brejcha. Mais STOP : les jeunes talents sont aussi mis à l’honneur (évidemment) ! Ainsi, on a aussi retrouvé- ou découvert, aux platines, le trio (nantais s’il-vous-plaît) Mod3rn, Thylacine, et le label Comeme avec Matias Aguayo. Joli !

Ce qu’on retient de l’événement : la tentative des structures organisatrices de relever le défi de répondre, à la fois, aux attentes des artistes, du public, mais aussi du voisinage ! Ainsi, on a pu danser au cœur des Nefs sur le principe de la Silent Party, munis de casques audio. Un concept qui n’a pas plu à tout le monde, certains critiquant le manque de cohésion des festivaliers, victimes de cette emprise de l’individualité. Nous on donne quand même des bons points à l’organisation qui, pour le coup, a su jouer des contraintes avec brio. On est loin des soirées parisiennes qui finissent avec 15 plaintes des voisins pour tapage nocturne, et des coupures de courant en plein festival. Mais la force ultime de ces soirées, c’est justement la scénographie, qui s’insère totalement dans les arts numériques : un sound-system de qualité, une ambiance quasi galactique entre art, dico et science-fiction, qui nous fait comprendre encore une fois… que tout ne se passe pas qu’à Paname !

Nantes… la culture du futur ?

Festival Scopitone : http://www.stereolux.org/festival-scopitone-2015
Nantes Digital Week : http://www.nantesdigitalweek.com/

Crédit photos : Josselin Hillion – Stereolux Scopitone 2015

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