Share the Word en Egypte

Share the Word est un projet d’Outsiders Krew. L’idée est de se rendre dans des quartiers difficiles, à travers le monde, et de peindre les façades des habitations. Une façon originale d’amener de l’art partout.

Share the Word, est un projet qui a été lancé par Outsider Krew. Ce collectif artistique a été lancé entre 2011 et 2012 par le graffeur Seb Toussaint et le photographe Spag. En 2013 Outsiders Krew décide de lancer Share the Word, un projet complètement fou qui les poussera à parcourir le monde afin de peindre des habitations. Ils se rendent dans des quartiers souvent très pauvres, où personne ne se rend, des quartiers en marge de la société, où le temps s’est arrêté. Les deux acolytes demandent aux habitants de choisir des mots, qui seront ensuite transposés sur les murs.

Les deux artistes vont se servir du graffiti comme moyen d’expression, pour faire parler les populations de ces quartiers trop souvent oubliés. Le graffiti permettra aux gens de communiquer sur leurs conditions, sur leur état d’esprit mais aussi de leur faire découvrir les valeurs qui leurs sont chères. Au fur et à mesure des voyages des deux artistes, on se rend compte que, souvent les mots qui ressortent sont espoir, paix, solidarité, amour. Les habitants de ces quartiers sont vrais, intègres, et le graffiti permettra de mettre en lumière leur façon de penser et d’entrevoir la vie.

Ce qui est très important dans la démarche des deux artistes, c’est cette volonté de créer une interaction avec les habitants. Il est primordial qu’il y ait un échange entre les membres d’Outsiders Krew et les locaux. Et de cette interaction naitront les fresques, car c’est en communiquant, en apprenant à connaitre les locaux, à comprendre leur vie, que Seb Toussaint parvient à créer. Un autre point non négligeable, est la volonté des membres d’Outsider Krew d’inclure les enfants dans la réalisation des fresques. On le voit au fil des vidéos, les enfants ont forcément à un moment l’occasion de tenir une craie, un pinceau, une bombe, de la peinture… L’art est quelque chose qui touche tout le monde, et pourtant dans les quartiers défavorisés, surtout dans les pays pauvres, la culture n’est pas du tout accessible. L’éducation artistique n’existe pas. Et le fait de ramener l’art dans ces quartiers, et d’éveiller les enfants, peut changer énormément de choses quant à leur ouverture sur le monde.

Le voyage en Egypte d’Outsiders Krew est peut-être un des épisodes les plus forts. Les deux artistes se rendent dans un quartier extrêmement pauvre. Ils vont directement à la rencontre des habitants. C’est troublant de voir à quel point ils n’ont rien, et pourtant le sourire irradie constamment leurs visages. Ils choisissent des mots très puissants comme Malek qui signifie le roi, Mazarita, le propriétaire, nom du bidonville dans lequel ils vivent. Ils choisissent également Allah, Al Karim, le généreux. Les gens prennent les pinceaux et s’essayent à la peinture aux côtés des deux artistes. Tous interagissent, et l’art les rassemble. Le visage de ce bidonville a complètement changé grâce aux couleurs, mais aussi par le choix des mots choisis par la population. Les mots sont porteurs de messages importants, et le fait qu’ils soient désormais peints sur les façades des maisons leur donne un sens nouveau.

Récemment, les deux artistes se sont rendus dans la Jungle de Calais. Cet épisode est le tout premier à ne pas avoir lieu dans un pays en développement. Les conditions dans lesquelles les gens vivent, la prostitution à grande échelle, et la pauvreté sont telles, qu’il nous est difficile de se croire dans un monde développé. La communauté où se sont rendus les deux artistes est marginalisée, mais plus encore, elle est parfois souvent détestée. L’épisode se centre sur le phénomène des femmes qui se prostituent. Elles travaillent dans des conditions plus que déplorables, souvent elles se sont retrouvées embrigadées à cause de situations délicates. Ces femmes sont ignorées, elles n’existent plus, elles sont là jour et nuit, dans des camionnettes à attendre. Elles ont fui la famine, la pauvreté et la guerre pour se retrouver dans des conditions qui ne sont pas meilleures. Share the Word à Calais tente de leur redonner la parole.

Je vous invite à découvrir le projet d’Outsiders Krew sur leur site. Si le projet vous emballe et que vous souhaitez les soutenir, c’est par ici.

Crédit photo : Outsiders Krew

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