Shoei Otomo

Je me suis rendu compte que j’étais un mauvais dessinateur lorsqu’un enfant m’a félicité pour mon cheval très réaliste alors que je venais d’esquisser un pélican sur le point de s’envoler. C’est un fait, les talents artistiques sont inégalement répartis sur cette planète et, il faut croire que ces derniers sont héréditaires. Mes parents n’ont jamais fait gagner leur équipe au Pictionary. Aujourd’hui, nous allons faire fonctionner votre imagination débordante, celle qui vous fait vous extasier devant un nuage dans le ciel parce qu’il a l’apparence d’un indien d’Amérique.

Votre père s’appelle Katsuhiro Otomo et il est passionné de bandes-dessinées depuis son plus jeune âge. Il s’essaye au cinéma et c’est un succès, Memories, l’adaptation animée du manga Akira en 1988 et Steamboy en 2004. En ce qui vous concerne vous naissez en 1980, votre prénom est Shohei. Quelques années plus tard vous êtes diplômé de la Tama Art University, université privée du quartier de Setagaya à Tokyo. Dès lors que faire avec un stylo bille ? Surement mieux qu’un tigre aux apparences de pélécanidés… 

Ce sont de magnifiques instantanés de la société nippone que Shohei explore par l’intermédiaire de la mine de son stylo. L’intérêt réside non seulement dans la présentation de personnages aux détails saisissants, mais aussi dans l’ajout de travers venant ronger des scènes qui auraient pu être bien trop banales. Situations ou portraits, l’encre participe à l’entrée de la violence et du paradoxe dans la mesure où, l’espace d’un dessin, les forces de coercition plongent dans des nuages de fumées suggestives et esthétisées. 

Au final, ce sont des personnages auquel Otomo ajoute un détail relatif au Japon, puis y imprime un caractère d’adversité. Jugez plutôt !

Crédit photo : Shohei Otomo

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